Mieux comprendre les causes de la fibromatose hyaline

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Des scientifiques de l’EPFL ont mis au jour la biologie moléculaire sous-jacente au syndrome de la fibromatose hyaline, une maladie génétique grave.

Le syndrome de la fibromatose hyaline (HFS) est une maladie génétique rare mais grave qui touche les bébés, les enfants et les adultes. La hyaline, une substance vitreuse, s’accumule dans la peau et dans différents organes, provoquant des déformations douloureuses qui peuvent conduire à une mort prématurée.

Le HFS est causé par la mutation d’un gène nommé gène de morphogenèse capillaire de type 2, ou CMG2. Ce gène est également abrégé ANTXR2, car il rend les cellules vulnérables aux infections par l’anthrax.

En 2017, les scientifiques du laboratoire de Gisou van der Goot à l’EPFL ont démontré que la protéine CMG2 interagissait avec le collagène VI en régulant sa concentration à l’intérieur de la cellule. La mutation du gène CMG2 observée dans le cas du HFS stoppe la fonction de la protéine, ce qui entraîne l’accumulation du collagène VI dans des organes.

Les chercheurs du laboratoire de Gisou van der Goot et leurs collègues ont poursuivi leurs travaux en montrant que le CMG2 interagissait avec des éléments spécifiques du cytosquelette de la cellule. Leur étude, publiée dans Developmental Cell, révèle que ces interactions forment tout un réseau.

En «décortiquant» prudemment les réseaux liés au CMG2, les scientifiques ont découvert qu’il liait la taline, une protéine impliquée dans la liaison de l’intégrine et de l’actine, les éléments essentiels du squelette cellulaire. Ainsi, la taline fait office de porte par laquelle le CMG2 peut interagir avec le cytosquelette. Toutefois, la liaison ne se fait que si ce dernier est exempt de ligand.

L’article décrit le processus par lequel le CMG2 libère la taline et «attrape» un régulateur du cytosquelette appelé RhoA ainsi que ses protéines effectrices. Les scientifiques ont identifié les parties spécifiques du CMG2 responsables de ces interactions.

En observant des fibroblastes humains, ils ont finalement conclu que le CMG2 contribuait à la dégradation du collagène VI excessif en alternant la liaison avec la taline et le RhoA. «Cela explique pourquoi les mutations du HFS dans le domaine de liaison du cytosquelette entraînent une dérégulation de l’homéostasie de la matrice extracellulaire», explique l’auteur.

«Nos conclusions révèlent un comportement qui est nouveau pour un récepteur de la matrice extracellulaire», ajoute Gisou van der Goot.

Autres contributeurs

  • Université de Genève
  • Institut de bioingénierie de l’EPFL
  • Centre Hospitalier Universitaire Vaudois/Université de Lausanne
Financement

Fonds national suisse de la recherche scientifique

Gelu Foundation

Fondation Francis & Marie-France Minkoff

Solis Foundation

Associazione ISI

Références

Jérôme Bürgi, Laurence Abrami, Irinka Castanon, Luciano A. Abriata, Beatrice Kunz, Shixu E. Yan, Manuel Lera, Sheila Unger, Andrea Superti-Furga, Matteo Dal Peraro, Marcos Gonzalez Gaitan, F. Gisou van der Goot. A novel Talin-to-RhoA switch mechanism upon ligand binding of the collagen VI receptor CMG2. Developmental Cell, 18 mai 2020. DOI: 10.1016/j.devcel.2020.04.015


Source: EPFL