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"Une Silicon Valley autour de l'EPFL, c'est possible."

© 2012 Alain Herzog

© 2012 Alain Herzog

Pedro Bados, co-fondateur de Nexthink, spin-off de l’EPFL, rêve de faire de la région un vivier de start-up. Présente sur trois continents, sa société connaît un développement rapide depuis ses débuts en 2005. Interview avec ce jeune patron dynamique de 32 ans.

Un peu moins de 100 employés, plus de 400 grandes entreprises parmi ses clients, près de 16 millions de capital-risque levés et plusieurs partenariats avec de sociétés comme Microsoft, Citrix, IBM ou Unisys : des chiffres qui pourraient donner le tournis à nombre de jeunes patrons. Mais pas à Pedro Bados, jeune trentenaire qui vise bien d’avantage et s’apprête à recruter une quarantaine de jeunes talents du domaine informatique, systèmes de communication et management de produits.

La technologie issue du Laboratoire d'intelligence artificielle et développée par Nexthink permet de découvrir en temps réel toute l’activité d’une infrastructure informatique, en monitorant le comportement des postes de travail. Sur cette base, le système modélise une vue d’ensemble du réseau, actualisée en permanence, qui enregistre et reproduit les solutions aux problèmes. «Une vue des infrastructures révolutionnaire pour tous les départements IT des grandes sociétés, ce qui leur permet de résoudre tous leurs problèmes de qualité», résume Pedro Bados, CEO de la start-up. La clef du succès NEXThink? Un gain de temps et des économies substantielles du budget informatique des grosses entreprises. De 18 à 36 %, selon le patron.

Quels sont les secrets d’une entreprise qui se développe aussi rapidement ?

L’équipe est extrêmement importante pour démarrer. J’aime beaucoup l’adage first who, next what: pouvoir m’entourer des meilleurs a été une chance. Je pense que ce qui nous démarque de nos concurrents, c’est notre culture du produit. Depuis le départ, notre premier objectif est de satisfaire les utilisateurs. Cela paie mieux que d’avoir comme motivation première le business. Au lieu de développer un produit jusqu’au bout et le sortir dans sa version finale, nous avons mis notre logiciel très tôt sur le marché. Les feedback des utilisateurs nous ont ensuite permis de le développer rapidement et, surtout, en adéquation avec le marché.

Côté marketing, nous avons pensé «croissance rapide» dès le début. Notre clientèle se composant d’organisations et sociétés de plus de 1000 personnes, il a fallu viser global tout de suite. Nous avons volontairement misé sur un marché large, sans trop nous spécialiser afin de toucher un panel de clients le plus large possible. Evidemment l’écoute des clients, des partenaires, savoir reconnaître ses erreurs fait également partie de éléments clefs du succès.

Vous considérez-vous comme un entrepreneur-né ?

Non, j’étais avant tout motivé pour mes études et passionné par la technologie. D’origine espagnole, j’étais en Suisse pour un échange Erasmus. Durant cette année, j’ai travaillé sur une modélisation comportementale intelligente des utilisateurs de l’informatique dans de grosses sociétés. Le système apprenait ce qui est normal et ce qui ne l’est pas, cela permettait d’augmenter la performance du réseau. Mais il manquait le temps réel, que nous avons intégré depuis. L’opportunité de développer une société est venue ensuite. Le fait d’avoir un feedback immédiat sur nos recherches, voir le contentement des clients m’a beaucoup plu. En parallèle j’ai rencontré les bonnes personnes et les choses se sont enchaînées.

Allez-vous rester dans la région?

Nous avons longtemps envisagé toutes les possibilités: se délocaliser dans un pays ou le coût de la main d’œuvre est inférieur? Se rapprocher des talents de la Silicon Valley? Mais nous avons finalement fait le choix stratégique de rester dans la région à proximité de l’EPFL, d’y créer des emplois et de faire une vraie réussite locale car l’Ecole et la région le méritent. Mais nous avons du mal à recruter des talents prêts à se lancer dans l’aventure start-up. Or nous avons tout pour faire de la région une Silicon Valley: de bonnes écoles, une très bonne qualité de vie, des investisseurs et des clients internationaux. La culture de la start-up dans le domaine informatique n’existe pas encore mais nous pensons que si, comme nous, quelques start-up dans le domaine de l’informatique et des télécommunications se développent ici, cela va créer un appel d’air et d’autres suivront.

Vos prochains objectifs ?

Sortir de nouveaux produits révolutionnaires en mobility et cloud, dont on ne peut pas encore parler plus en détails, et s’étendre davantage aux Etats-Unis. Nous souhaitons également renforcer nos alliances stratégiques au niveau global avec des sociétés qui distribuent ou intègrent nos produits. En parallèle, nous modifions notre système en fonction des évolutions du domaine. Par exemple nous sommes en train de vivre une nouvelle révolution dans les entreprises, similaire à l’invention de l’internet. On est en train de passer du data center centralisé à un mode de fonctionnement où l’utilisateur à plus de liberté. Les gens veulent avoir la même qualité informatique au travail qu’à la maison, où ils décident du meilleur système pour être plus productifs.



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© 2012 Alain Herzog
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