Une reconnaissance royale pour les neurosciences

Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine. © Elsa Thalmann

Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine. © Elsa Thalmann

Les interfaces neurologiques sont les lauréates du Queen Elisabeth Prize for Engineering 2026. Neuf scientifiques sont distingués, parmi lesquels Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine, de l’EPFL et de l’UNIL / CHUV, pour le développement de technologies de stimulation de la moelle épinière qui permettent de réactiver des circuits neuronaux responsables de la locomotion.

Le Queen Elisabeth Prize for Engineering2026 récompense neuf scientifiques dont les travaux pionniers sur les interfaces neuronales ont permis de restaurer des fonctions perdues et ont eu un impact durable sur des patientes et patients du monde entier. Parmi eux, Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine, de l'EPFL et de l’UNIL/CHUV, dont les travaux menés au cours des deux dernières décennies ont permis à plusieurs personnes handicapées de retrouver des mouvements volontaires ou de ne plus souffrir d'hypo- ou d'hypertension consécutives à des lésions de la moelle épinière.

« Les professeurs Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine sont récompensés pour leur développement d'une technologie de stimulation électronique de la moelle épinière, qui réactive les circuits neuronaux contrôlant la locomotion. En combinant une stimulation électrique ciblée avec des approches de rééducation avancées, leurs travaux ont permis à des personnes atteintes de lésions médullaires de retrouver des mouvements volontaires », explique le comité du prix britannique.

Le duo lausannois reçoit cette prestigieuse distinction aux côtés de sept autres chercheuses et chercheurs, tous actifs dans le domaine des interfaces neuronales : Graeme Clark, Erwin Hochmair, Ingeborg Hochmair, Blake Wilson, John Donoghue, Alim Louis Benabid et Pierre Pollak.

« Nos efforts collectifs pour construire un monde dans lequel la paralysie n'est plus une condamnation à perpétuité n'ont été ni rapides ni faciles. Ce prix ne marque pas la fin du parcours, mais la responsabilité – et l'encouragement – de poursuivre la lutte contre la paralysie. En avant ! », s’enthousiasme Grégoire Courtine. « La neurochirurgie enseigne l'humilité. L'innovation exige de l'audace. Notre parcours a nécessité les deux, et ce prix reconnaît que cette combinaison improbable était essentielle pour faire progresser les traitements destinés aux personnes paralysées », complète Jocelyne Bloch.

Anna Fontcuberta i Morral, présidente de l'EPFL, se réjouit de cette annonce: «Cette prestigieuse distinction souligne l’excellence, le long parcours et les résultats remarquables de l’équipe .NeuroRestore, tout en lui offrant une visibilité internationale. Les grands rêves pour un monde meilleur reposent sur une vision ambitieuse, du courage et la collaboration interdisciplinaire — ici entre neurochirurgie et ingénierie —, c’est toute la force du travail d’équipe au service d’une mission commune. Je remercie chaleureusement Grégoire et Jocelyne pour leur engagement exceptionnel et les félicite pour cette reconnaissance mondiale. Ce prix est avant tout un puissant message d’espoir et d’encouragement pour l’avenir.»

Un domaine, plusieurs approches

Les lauréates et lauréats de cette année ont réalisé des avancées pionnières dans le domaine de la neuroingénierie, démontrant ainsi le pouvoir extraordinaire de l’ingénierie pour surmonter les limitations physiques. Leurs travaux permettent à la technologie d’interagir directement avec le cerveau et le système nerveux afin de restaurer des capacités, telles que l’audition, le mouvement et la communication chez les personnes touchées par une perte sensorielle, une paralysie ou une maladie neurologique.

Ensemble, ces avancées marquent une nouvelle frontière dans le domaine des neuroprothèses, où l’ingénierie et la médecine convergent pour restaurer des capacités que l’on croyait perdues à jamais. Fruit de plusieurs décennies de recherche et d'application clinique, les contributions des lauréats ont transformé les neurosciences complexes en technologies pratiques qui ont permis de restaurer l’indépendance et d’améliorer la qualité de vie d’un nombre croissant de personnes dans le monde.

Lire le communiqué de presse du Queen Elisabeth Prize for Engineering.


Auteur: Queen Elisabeth Prize communication

Source: EPFL