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23.09.11 - Les chercheurs de l’EPFL n’ont pas attendu le succès de Netvibes pour commencer à se rassembler autour d’une plate-forme Web 2.0. Totalement fonctionnel aujourd’hui, Graaasp va plus loin que les réseaux sociaux afin de répondre aux besoins spécifiques des utilisateurs pour la gestion collaborative de projets et le partage de connaissance.

Pourquoi trois «a»? «Pour faire mieux que Google et ses deux «o»!» plaisante Denis Gillet. La plate-forme Graaasp, que ce maître d’enseignement et de recherche de l'EPFL développe dans son groupe, est déjà disponible en ligne pour validation. Graaasp se veut un outil simple mais complet à la disposition des chercheurs et des étudiants travaillant individuellement ou à plusieurs sur des projets.

Mais pourquoi s’échiner à créer une nouvelle plate-forme sociale alors qu’il en existe déjà tant sur le marché? Graaasp comble les lacunes des «grands noms» comme Facebook ou LinkedIn lorsqu’il s’agit d’être productif en réseaux. Graaasp ne se focalise pas sur les personnes, mais sur les activités qui amènent les utilisateurs à rassembler et partager des ressources en ligne.

Dans Graaasp, il n’est pas nécessaire de construire un réseau social pour exister. Chacun peut simplement créer des espaces dédiés à des activités données et les peupler en fonction de ses besoins en invitant les personnes concernées et en intégrant les ressources souhaitées.

L’intelligence de ce système vient du fait qu’il accueille plusieurs types d’éléments clairement distingués par des couleurs: des membres, bien sûr, mais également des sous-espaces privés ou communs, des documents multimédias et des applications Web appelées widgets. Les documents peuvent être ajoutés manuellement ou collectés d’un simple clic en surfant sur le Web. Cette fonctionnalité est particulièrement attractive pour collectionner des pages Web ou des ressources d’autres sites comme des vidéos de YouTube ou des présentations de SlideShare. En plus de pouvoir utiliser dans cet environnement des widgets qui se trouvent par milliers sur le Web (aussi divers que des jeux, un éditeur d’équations ou un traducteur multilingue), l’environnement développé à l’EPFL accueille également des applications développées spécifiquement pour les besoins de la formation. «Nos étudiants peuvent ainsi effectuer leurs travaux pratiques directement depuis un petit logiciel qui peut être intégré dans Graaasp», explique Denis Gillet. Des simulateurs de toute sorte peuvent également être programmés et diffusés. Rien n’est plus facile dès lors que de partager les résultats de leurs expériences avec d’autres étudiants, ou de les présenter aux assistants pour approbation ou pour leur adresser des questions.

Parmi les avantages que ses concepteurs mettent en avant figure la grande transparence que permet l’environnement Graaasp. Un pied de nez à Facebook et sa gestion compliquée des paramètres de confidentialité: «Les gens avec qui l’on partage des informations sont immédiatement visibles sur l’écran. Il est très facile d’accueillir de manière sélective ses collègues, ses amis et ses supérieurs dans les espaces qui les concernent et de choisir qui pourra voir ou faire quoi», assure Denis Gillet.

Quatre personnes, financées en partie par des fonds de recherche européens dans le cadre du projet Role (www.role-project.eu), travaillent au développement de Graaasp et de son système de recommandation de documents, d’espaces, de personnes et de widgets. «Maintenant que la plate-forme de base est fonctionnelle, nous espérons une adoption organique, directement par les utilisateurs, poursuit Denis Gillet». Les universités de Genève et de Fribourg viennent d’ailleurs de commencer la mise en œuvre de Graaasp pour leurs étudiants avec un support de la Fondation SWITCH.

L’heure est donc au baptême du feu. N’importe qui peut d’ores et déjà s’inscrire sur graaasp.epfl.ch et tester le système – ou l’adopter directement pour interagir avec ses collègues.

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