Une Magistrale diversité

© EPFL / Jamani Caillet

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Quel événement réunit-il plus de 900 étudiants, des matheux biologistes, des businessmen férus de sciences lacustres, de l’opéra-comique français, du rock irlandais et des ingénieurs suisses au pinacle de la Silicon Valley? La Magistrale 2015. Pardi.

«Si nous sommes capables de vous offrir ce tremplin pour l’avenir, c’est parce que la Suisse a su, jusqu’ici, rester ouverte aux idées et aux personnes venues d’ailleurs.» Patrick Aebischer s’est adressé en ces mots aux 939 nouveaux diplômés et à leur famille, présents à la Magistrale 2015. Le Swiss Tech Convention Center affichait complet pour l’événement phare de l’Ecole, au cours duquel sont fêtés les étudiants, mais aussi les enseignants, alumni et docteurs honoris causa.


Carmen de Bizet à la Magistrale

La cérémonie était ponctuée d’interventions musicales exécutées de main de maître par l’Orchestre romand des jeunes professionnels. A peine sortis de leurs longues années d’études, que l’on sait rigoureuses et monastiques, les jeunes diplômés ont reçu de la Carmen de Bizet un message tout en légèreté, parce que l’amour est enfant de bohème et qu’il n’a jamais (jamais) connu de loi.

Les docteurs honoris causa
L’édition 2015 de la Magistrale a décerné trois doctorats honoris causa. La mathématicienne et informaticienne Bonnie Berger s’est vue décerner le premier. Il y a plus de 20 ans, cette professeure du MIT cherchait les problèmes les plus intéressants et les plus épineux à résoudre avec les algorithmes qu’elle développait. C’est dans les sciences de la vie, et notamment dans la problématique du repliement des protéines, qu’elle trouvera son Graal, s’inscrivant en pionnière dans le domaine alors balbutiant de la biologie computationnelle.

Egalement honorée, la microbiologiste Margaret McFall-Ngai, professeure à l’Université de Hawaii. La chercheuse travaille aux frontières de l’immunologie et de la biologie marine. Elle est l’une des premières à avoir tenté de comprendre la symbiose entre animaux et bactéries. L’étude du microbiome fait aujourd’hui partie des sujets les plus prometteurs et les plus en vogue, en grande partie grâce à son travail novateur.


Margaret McFall-Ngai, Docteur honoris causa de l'EPFL

Enfin, le troisième doctorat honoris causa a été décerné à Frederik Paulsen. Le Chairman de l’entreprise Ferring Pharmaceutical, sise à Saint-Prex, soutient depuis plusieurs années la recherche de l’EPFL dans le domaine de la limnologie (l’étude des écosystèmes lacustres). Il sponsorise une chaire de l’Ecole dans ce domaine, et a également financé d’ambitieux programmes de recherche au Lac Baïkal et au Léman, réunissant chercheurs suisses, russes et français.

Les Education Awards
La présidence de l’Ecole a remis ses prix spéciaux aux diplômés qui se sont particulièrement distingués. Ont été récompensés pour leur moyenne stratosphérique :

  • 1er prix : Florian Tramèr (Master en informatique)
  • 2nd prix : Simon Löwe Kolja Mathes et Vionnet Grégoire (Master en physique)
  • 3e prix : Moritz Schmidlin (Master en microtechnique)


Moritz Schmidlin reçoit le 3e prix pour sa moyenne finale de 5.92


Le prix du plus jeune diplômé est allé à Cédric Marc Vivien, titulaire d'un master en physique. Le prix du mérite est allé à Tony Mercuri, titulaire d’un Master en physique, qui a commencé ses études à 33 ans après une première carrière de cuisinier. Le prix des sports a été remis à Sarah Van Rooij, volleyeuse à l’équipe nationale suisse et étudiante en génie mécanique.

Les Polysphères
Les Polysphères sont décernées aux meilleurs enseignants par les étudiants eux-mêmes. La distinction ultime, dite «Polysphère d’or», a été remise à Jacques Thévenaz, professeur de mathématiques. Ont été également distingués dans les autres facultés:

  • Rüdiger Fahlenbrach (CDM)
  • Jacques Lucan (ENAC)
  • Rüdiger Urbanke (IC)
  • Jean-Luc Desbiolles (STI)
  • Melanie Blokesch (SV)

Les Alumni Awards
Comme chaque année, la Magistrale a enchaîné avec les Alumni Awards, qui récompensent les anciens diplômés de l’Ecole.

Yves Paternot s’est vu décerner le premier prix pour son parcours hors du commun, qui l’aura emmené des bancs de l’EPFL à ceux de la Harvard Business School puis, plus récemment, à la tête de la Fondation ISREC (Institut suisse de recherche expérimentale sur le cancer). Il est également connu pour avoir dirigé l’entreprise d’intérim Adia, devenue Adecco suite à sa fusion avec un homologue français, et numéro un mondial depuis.

Camille Vial a reçu un Alumni Awards pour sa carrière au sein de la Banque Mirabaud. Elle est devenue la première femme Associée de cette institution genevoise presque bicentenaire. Elle est titulaire d’un master en mathématiques de l’EPFL.

Igor Perisic a reçu le dernier Alumni Awards. Il partage quelques points communs avec les deux nominés précédents. Comme le premier, il est passé du campus de l’EPFL à celui de Harvard. Comme la seconde, il est titulaire d’un diplôme en mathématique. Mais il est surtout connu pour diriger l’activité d’ingénierie au sein de LinkedIn. Egalement conseiller au sein de Swissnex San Francisco, il contribue par son expérience et son réseau à créer des ponts entre la Suisse et l’Amérique du Nord.

La Magistrale 2015 s’est conclue sur une reprise chorale d’un titre de U2, Beautiful Day. Un grand écart assumé de Bizet à Bono, sous le signe de l’ouverture et de la diversité.


Auteur: Mediacom
Source: EPFL