Une bourse de $3m pour la recherche interdisciplinaire sur le cancer

2026 EPFL CC BY SA 4.0

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La Fondation Mark pour la recherche sur le cancer a octroyé 12 millions de dollars dans le cadre de quatre subventions « Endeavor » destinées à soutenir la recherche interdisciplinaire sur le cancer. L'une de ces subventions a été attribuée à une équipe interinstitutionnelle dont fait partie Nicolas Thomä, professeur à la Faculté des sciences de la vie et Bruno Correia, professeur à la Faculté des sciences et techniques de l'ingénieur.

La Fondation Mark, une organisation caritative basée à New York, collabore activement avec des scientifiques du monde entier afin d’accélérer les recherches destinées à transformer la prévention, le diagnostic et le traitement du cancer. En offrant aux équipes collaboratives la liberté financière et la souplesse opérationnelle nécessaires pour aborder des défis complexes sous différents angles, les subventions « Endeavor Grants », d’un montant de 3 millions de dollars sur trois ans, permettent à des experts internationaux d’intégrer des technologies distinctes et d’accélérer considérablement le passage de la découverte en laboratoire au traitement clinique effectif.

Cette année, Nicolas Thomä, Chaire Paternot en Recherche Interdisciplinaire sur le Cancer a reçu une subvention aux côtés de son collègue Bruno Correia, directeur du Laboratoire de conception des protéines et d’immuno-ingénierie, à la Faculté des sciences et techniques de l'ingénieur de l'EPFL, et de Nathanael Gray, de l’université de Stanford. Le projet est dirigé par Georg Winter, de l’institut autrichien AITHYRA.

Leur projet, intitulé « Blocking Oncogenic Transcription via Ligand-Triggered SUMOylation (BOLTS) », se concentre sur les facteurs de transcription hyperactifs, responsables de nombreux cancers parmi les plus agressifs. Ces «commutateurs maîtres » provoquent la division incontrôlée des cellules tumorales. Jusqu’à présent, il était considéré comme impossible de cibler directement ces commutateurs à l'aide d'agents thérapeutiques, car ils changent constamment de forme et ne possèdent pas les poches de liaison profondes auxquelles se lient les médicaments traditionnels.

Ce projet est né d’une découverte fortuite. Lors de l'étude d'une classe existante de traitements contre le cancer du sein appelés SERD (dégradeurs sélectifs des récepteurs d’œstrogènes), l’équipe s’est rendu compte que ces médicaments ne détruisent pas directement leurs cibles, comme on le croyait auparavant. Au lieu de cela, ils déclenchent un processus cellulaire naturel appelé SUMOylation. Ce processus agit comme un cadenas biochimique (un verrou moléculaire), immobilisant physiquement le « commutateur » cancéreux, capable de changer de forme, sur l’ADN de la cellule et le rendant ainsi totalement inactif.

Unissant les disciplines de la biologie chimique, de la biophysique et de la biologie structurale soutenue par l’IA au sein de laboratoires de recherche en Autriche, en Suisse et aux États-Unis, l’équipe met en place un pipeline destiné à concevoir de manière ciblée de nouveaux « cadenas » de type médicament. Plutôt que de détruire ces cibles transcriptionnelles insaisissables, ces nouveaux médicaments les figent dans un état « désactivé », neutralisant ainsi les facteurs cancérigènes notoires dans les cancers de la prostate, du pancréas, de l’estomac et du cerveau résistants aux traitements actuels.


Source: Sciences de la vie | SV

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