Stage pour enseignant·es: une première pour les sciences de la vie

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Titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire et animé par la volonté d’entamer une réflexion sur sa pratique enseignante, Vincent Turner, enseignant de biologie au gymnase du Bugnon à Lausanne, s’est lancé au printemps dernier dans un stage scientifique pour enseignant·es proposé par l’Interface Gymnase-EPFL. Une première dans l’École.
« Nous sommes ravi·es de pouvoir étendre cette offre, qui s’adresse habituellement aux enseignant·es de mathématiques, de physique, de chimie et d’informatique, pour accueillir également des enseignant·es de biologie » se réjouit Sabrina Rami Shojaei, directrice du Service de promotion de l’éducation et responsable de l’Interface Gymnases-EPFL. Ces stages, organisés en collaboration avec les autorités cantonales depuis 2016, permettent aux membres du corps enseignant du secondaire II de s’immerger dans des cours de première année à l’EPFL, pour mieux en comprendre les enjeux, tant en termes de contenus que de méthodes pédagogiques.
« On ne fait pas de la pédagogie à 20 dans une classe comme à 200 dans un amphithéâtre » commente Vincent Turner, qui a ainsi pu assister au cours de Biologie générale donné en première année aux étudiant·es en Ingénierie des sciences du vivant de l’EPFL. Au-delà de la matière étudiée, il remarque rapidement que la réussite de ce type de cursus repose énormément sur leur motivation, leur autonomie, leur régularité, leur capacité d'organisation, leur persévérance et leur discipline de travail. « Ce sont des savoir-être et des savoir-faire qui peuvent être développés au gymnase dans les différentes Options spécifiques » explique-t-il en tant que responsable de la médiation à l’apprentissage de son établissement.
Accueilli par le Prof. Johannes Gräff (Laboratoire de neuroépigénétique), responsable de ce cours de Biologie générale, Vincent Turner a également acquis de nouvelles connaissances qu’il partagera volontiers avec ses collègues en lien avec certains chapitres étudiés au gymnase et affirme que cette expérience aura une influence sur la façon dont il enseignera dans le futur : « C’est comme un voyage, on ne sait pas pourquoi mais ça nous change » explique-t-il.
De son côté, le professeur Gräff a apprécié les échanges constructifs qu’il a pu avoir avec son stagiaire, qui donneront probablement lieu à des nouveautés prochainement : « j’utilise des outils numériques pour poser des questions régulièrement aux étudiant·es durant mes cours et m’assurer qu’ils·elles intègrent bien les concepts enseignés. Je pense que j’y ajouterai des questions de réflexion plus approfondie liées à des applications possibles sur les conseils de Vincent. Cela nourrira la soif d’apprendre des étudiant·es les plus avancé·es et pourrait éveiller l’intérêt des autres » explique-t-il.
Après avoir ouvert la voie pour qu’un second enseignant de biologie vienne faire un stage à l’EPFL au printemps prochain, Vincent Turner se dit satisfait de cette expérience qu’il qualifie de bouffée d’oxygène : « je recommande ce stage à tous les enseignant·es curieux·ses qui auraient envie d’entrer dans une démarche de réflexion par rapport à leur pratique enseignante, ou qui auraient envie de déconstruire leurs croyances sur l'enseignement de la biologie à l'EPFL » conclut-il.