Sion : Sans chauffeur jusqu'à la gare?

© 2017 Christian Hofmann
On saura d’ici au 31 octobre si les navettes autonomes testées au cœur de la capitale pourront être intégrées au réseau des transports publics sédunois.
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Voir deux navettes autonomes – ou plus – intégrer le réseau de transports publics sédunois et relier notamment le centre-ville à la gare de la capitale: c’est là le souhait commun de CarPostal, du canton du Valais et de la Ville de Sion. Des positions recueillies par «Le Nouvelliste», en marge d’une étude d’acceptation publiée hier par CarPostal (lire ci-contre). «Les itinéraires ont été soumis à l’Office fédéral des routes pour autorisation, les études sont bien avancées», relève Valérie Gerl, porte-parole de CarPostal, filiale de La Poste.
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Si l’entreprise ne dit rien, pour l’heure, sur le nombre de variantes à l’étude ou les trajets envisagés pour rejoindre la gare de Sion, une chose est sûre: on sera fixé avant le 31 octobre. «On espère que l’expérience sera prolongée. Ce serait vraiment réjouissant», souligne la porte-parole.
Opérationnel dans les deux à cinq ans?
Tout est donc en mains, aujourd’hui, des offices fédéraux des routes et des transports. Mais pour Pascal Bovey, délégué à la mobilité du canton du Valais et membre du laboratoire de mobilité Mobility Lab (canton, Ville de Sion, EPFL, HES, La Poste), la donne est claire: «Les possibilités offertes sont intéressantes et arrivent à maturité. Il n’y a ni problème technologique ni souci d’insécurité majeur et, donc, cela peut fonctionner de manière tout à fait satisfaisante. Selon moi, on sera opérationnel dans les deux à cinq ans pour une mise en service commercial.»
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Les SmartShuttles – nom officiel – ne remplaceront certes pas une ligne Sion-Martigny, estime, par exemple, Pascal Bovey. «Mais c’est tout à fait opportun dans le cadre d’une desserte urbaine. Et cela peut s’immiscer sans dommage dans un centre-ville historique.»
Confirmant que plusieurs itinéraires sont à l’étude, le président de la Ville de Sion, Philippe Varone, «espère» en tous les cas que ces navettes autonomes pourront s’inscrire dans l’offre des transports publics sédunois. «Le politique est derrière. La cohabitation est bonne, les gens se sont habitués et l’expérience a été très satisfaisante. Avec 25 000 usagers à ce jour, ces navettes constituent un outil de communication et de promotion touristique non négligeable.»
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Des questions technologiques à régler
Des interrogations technologiques demeurent. CarPostal, qui a mis en place un site d’essais fermé en ville de Berne, teste notamment la reconnaissance des feux de signalisation par les navettes. «C’est là un nouveau défi pour le trajet du centre-ville à la gare de Sion», reconnaît Valérie Gerl.
Reste également la question financière. Car, en cas d’intégration de ces lignes au réseau sédunois, c’est la Ville qui devra passer à la caisse. «Cela aura un coût pour la Ville de Sion, confirme Philippe Varone. Mais pour l’heure ce coût n’est ni chiffré ni chiffrable.»
Les premières réponses tomberont donc avant novembre.
Des navettes acceptées
Depuis le 23 juin 2016, les deux navettes autonomes – sans conducteur, mais avec un «groom», dispositions légales obligent – ont transporté plus de 25 000 personnes dans le centre de Sion. 25 000 voyageurs ont testé les deux autres bus semblables de CarPostal utilisés lors de 20 manifestations en Suisse et ailleurs en Europe.
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Selon une étude de l’institut GIM Suisse, présentée mardi à Berne par CarPostal, 51% des Helvètes ne s’inquiètent pas ou peu d’une mise en service des SmartShuttles sur les routes helvétiques. 400 personnes ont été interrogées entre avril et juin sur leur ressenti à cet égard. Dont 200 à Sion, entre usagers, piétons et commerçants. D’autres, qui n’ont jamais fait l’expérience de tels véhicules, ont été contactées par téléphone à Lucerne, à Schaffhouse et à Saint-Gall.
