Quand les entreprises ouvrent leurs portes aux esprits curieux

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La plupart des entreprises préfèrent garder pour elles les problèmes qu’elles n’ont pas encore résolus. Mais que se passe-t-il lorsqu’elles ouvrent leurs portes à une équipe d’étudiants qui les découvrent pour la première fois ? Cet automne, six entreprises tentent l’expérience.
Des responsables de Bühler, SBB CFF FFS, Renault Group, Vestergaard, Bouygues Group et Swarovski ont chacun soumis un véritable défi d’entreprise à des étudiants en master inscrits au nouveau cours Open Innovation Labs. Leur espoir ? Que la diversité des réflexions et des approches vienne compléter les leurs, les aidant ainsi à explorer de nouvelles possibilités et à remettre en question des modes de pensée établis.
Le cours a été développé par KNOVA, le programme d’accélération en innovation ouverte de l’EPFL, en partenariat avec le Collège du Management de la Technologiele. Cette collaboration réunit le réseau de partenaires industriels de KNOVA et l’expertise pédagogique de l’EPFL. Lancé le 15 septembre, le cours se poursuivra jusqu’à la fin de l’année. Les entreprises participantes ont soumis leurs problématiques et des équipes aux profils issus de la technologie, des sciences et du management de la durabilité travaillent déjà à leur résolution.
Les thématiques proposées sont le fruit d’une collaboration continue entre les partenaires industriels et l’équipe KNOVA. En travaillant main dans la main avec un innovation manager dédié, les entreprises ont identifié des questions stratégiques et des opportunités, permettant ainsi aux étudiants de travailler sur des problématiques réelles et encore non résolues.
Certaines entreprises ont demandé aux étudiants de développer de nouvelles idées susceptibles de répondre à un défi existant. D’autres leur ont demandé d’imaginer de nouveaux usages pour une solution déjà développée par l’entreprise. Concrètement, les projets couvrent des sujets allant d’une nouvelle forme de batterie à l’avenir des soins de santé.
Simon Laubscher, Head of Innovation chez Swarovski, voit clairement les bénéfices du programme. « Participer à l’Open Innovation Lab de l’EPFL nous donne l’occasion d’explorer de nouvelles idées avec des étudiants talentueux, qui remettent en question nos hypothèses et apportent de nouvelles approches à des problèmes complexes », explique-t-il.
Au-delà des solutions potentielles, nous apprécions l’opportunité d’entrer en contact avec les innovateurs de demain et de renforcer notre collaboration avec le dynamique écosystème d’innovation de l’EPFL.
Les étudiants sont eux aussi enthousiastes face aux possibilités offertes par ce partenariat. « Une grande partie de mes études a consisté à résoudre des problèmes que quelqu’un d’autre avait déjà résolus », explique Carolyn Hull, étudiante en master à l’EPFL travaillant sur le défi proposé par Swarovski.
J’ai rejoint Open Innovation Labs parce que je voulais appliquer ce que j’ai appris en cours à de vrais problèmes que personne n’a encore résolus. C’est apprendre par la pratique, tout en ayant l’occasion d’appliquer ma formation en microtechnique à quelque chose de nouveau.
Pour Fabrice Gottini et My-Linh Liburski-Tran de Renault Group, l’intérêt réside autant dans les personnes avec lesquelles ils collaborent que dans ce que les étudiants produiront concrètement. « Nous sommes convaincus que les étudiants de l’EPFL apporteront l’énergie, la curiosité et les nouvelles perspectives nécessaires pour enrichir notre réflexion », explique Fabrice. « Mais surtout, cette collaboration est une occasion de construire l’avenir avec la génération qui le vivra, plutôt que simplement pour elle », ajoute My-Linh.
Les étudiants partagent cet enthousiasme. « Étudier l’énergie durable est une chose. Voir un constructeur automobile vous demander ce que vous en pensez en est une autre », explique Albert Foss, étudiant en master à l’EPFL et membre de l’équipe travaillant avec Renault.
Ce projet se situe à la croisée de la mobilité et de la transition énergétique. Si ne serait-ce qu’une seule de nos idées dépasse le stade du papier, nous aurons contribué à la transition vers une mobilité durable.
Pour développer Open Innovation Labs, les équipes de KNOVA et du College of Management of Technology se sont inspirées d’un programme de l’UC Berkeley. L’équipe de Berkeley a généreusement partagé son expérience et les enseignements tirés de son programme, aidant ainsi l’EPFL à élaborer un modèle adapté à son propre écosystème académique et industriel.
« Nos collègues de Berkeley ont fait preuve d’une remarquable ouverture en partageant ce qu’ils avaient appris au fil des années en menant leur programme. Nous avons ainsi pu nous appuyer sur leur expérience et adapter le concept à l’EPFL, à nos étudiants et à nos partenaires industriels », explique Frédéric Dreyer, KNOVA Programme Manager. « Leur collaboration incarne parfaitement l’innovation ouverte : partager son expérience afin que d’autres puissent s’en inspirer et aller plus loin».
À la mi-décembre, les équipes présenteront leurs conclusions à l’EPFL devant les six entreprises participantes. Pour certaines, le travail ne s’arrêtera pas là. Les projets les plus prometteurs pourront se poursuivre sous la forme de travaux de master, de projets de semestre ou de stages au sein de l’entreprise partenaire.
Les propositions des étudiants ne correspondront peut-être pas exactement à ce que les entreprises imaginaient au départ. Et c’est précisément là tout l’intérêt de la démarche. L’innovation ouverte consiste aussi à laisser une place à l’inattendu, à des idées et des solutions susceptibles d’ouvrir de nouvelles voies et qui, dans certains cas, mériteront d’être explorées plus avant au-delà du cours.
Les entreprises souhaitant rejoindre KNOVA et éventuellement proposer leurs propres défis lors de futures éditions des Open Innovation Labs sont invitées à nous contacter à l’adresse [email protected]