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16.11.11 - Une nouvelle génération de surface tactile, donnant à son utilisateur la sensation qu’un relief se créée sous son doigt, a été inventée par des chercheurs de l’EPFL. Cette technologie ouvre la porte à de nombreuses applications, dont un accès facilité des médias électroniques aux malvoyants.

Enfin une surface vraiment tactile! Des chercheurs de l’EPFL ont développé une technique permettant de jouer sur le degré de rugosité de l’écran. Certaines zones peuvent ainsi changer de texture sous le doigt de l’utilisateur. Cette technologie, mise au point par le Laboratoire d’actionneurs intégrés (LAI), situé à Neuchâtel, est destinée aux smartphones, aux ordinateurs, aux distributeurs automatiques.

«Nous ajoutons ainsi véritablement le sens du toucher aux surfaces tactiles, , relève Christophe Winter, doctorant au LAI qui prépare sa thèse sur le sujet. Des surfaces qui portent actuellement mal leur nom, car elles n’offrent en fait qu’un retour auditif et visuel.»

Au chapitre des applications, cette invention amènera un plus à l’ergonomie des appareils en ajoutant un degré d’information. Elle permettra ainsi par exemple d’enrichir la lecture des documents ou des pages internet en attirant l’attention du lecteur sur certains éléments, ou de donner une dimension ludique supplémentaire à des jeux-vidéos. Sans oublier que l’accès des smartphones et autres appareils électroniques aux personnes malvoyantes s’en verra facilitée.

Sur un léger film d’air

Pour obtenir cet effet de relief, les chercheurs ont utilisé un matériau qui se met à vibrer lorsqu’une tension électrique lui est appliquée. Cette propriété est appelée la piézoélectricité. L’élément se dilate puis reprend sa forme initiale, le tout à un rythme très rapide et à une échelle nanométrique. Les microvibrations ainsi générées font apparaître une sensation de relief sous le pouce de l’utilisateur. «Ce mouvement initie un léger film d’air entre la surface et le doigt, dont l’intensité peut être contrôlée mécaniquement et qui donne cette sensation», explique Yves Perriard, directeur du LAI. La vibration est de l’ordre d’un micron – soit l’épaisseur d’un centième de cheveu! - et reste imperceptible pour l’être humain.

Cette technologie en est au stade du premier prototype. Les chercheurs travaillent donc encore sur divers développements, notamment des solutions pour améliorer la sélection et la finesse des zones que l’on souhaite faire apparaître en relief.

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