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14.08.18 - L'âge, le sexe et certaines variations génétiques sont en partie responsables des différences dans les réponses immunitaires observées chez les êtres humains en bonne santé, selon une étude de 1000 individus réalisée par l'EPFL et l'Institut Pasteur. 

Au cours de notre vie, nous sommes continuellement exposés à des pathogènes (virus, bactéries…), ce qui implique que notre système immunitaire est constamment à l’œuvre pour nous défendre. Lorsqu'il est stimulé par un pathogène ou un vaccin, le système immunitaire développe notamment ce que l'on appelle une " réponse humorale ", qui correspond à la production d'anticorps qui aident à combattre les infections et peuvent assurer une protection à long terme.

L'intensité de la réponse humorale diffère d'une personne à l'autre. Comprendre quels sont les déterminants spécifiques de cette variabilité pourrait nous aider à améliorer les vaccins, à prédire la susceptibilité d'une personne à un pathogène particulier ou à mieux comprendre les maladies auto-immunes.

Dans une nouvelle étude publiée dans le journal Genome Medicine, le laboratoire de Jacques Fellay à l'EPFL, en collaboration avec l'Institut Pasteur à Paris, a examiné la réponse humorale de 1000 personnes en bonne santé aux infections et vaccins courants. Les scientifiques ont mesuré la présence d’anticorps contre quinze antigènes (molécules qui déclenchent une réponse humorale) provenant de douze agents infectieux : cytomégalovirus, virus Epstein-Barr, virus herpès simplex 1 et 2, virus varicelle-zona, virus de la grippe A, rougeole, oreillons, rubéole et virus de l'hépatite B, Helicobacter pylori et Toxoplasma gondii

Afin d'évaluer l'importance des facteurs non génétiques, les chercheurs se sont penchés sur l'impact de nombreuses variables démographiques. Ils ont identifié l'âge et le sexe comme étant les déterminants les plus importants de la réponse humorale, les personnes âgées et les femmes possédant plus d’anticorps contre la plupart des antigènes.

En ce qui concerne les facteurs génétiques, les scientifiques ont effectué des études d'association à l'échelle du génome, ce qui permet d'explorer l'impact potentiel de toutes les variations génétiques humaines. Ces études ont montré que la force de la réponse contre le virus d'Epstein-Barr et la rubéole dépend de variations dans la région des gènes de l'antigène leucocytaire humain (HLA), qui contient l’information nécessaire à la fabrication des protéines impliquées dans la reconnaissance des antigènes étrangers. 

"Pour combattre les maladies infectieuses et auto-immunes, nous devons mieux comprendre la variation de la réponse immunitaire chez les personnes en bonne santé", dit Jacques Fellay. "Notre étude est un premier pas nécessaire vers une prise en charge médicale plus individualisés dans le domaine de l'infection et de l'immunité".

Autres contributeurs

  • Genentech
  • Université de Lund
  • Centre National de la Recherche Scientifique (France)
  • Institut National de la Recherche Médicale (France)
  • Université Paris Descartes
  • Université Rockefeller
  • Hôpital universitaire de Lausanne (CHUV)

Financement

Agence Nationale de la Recherche (Invest in the Future ; France)

Fonds National Suisse de la recherche scientifique

Références

Petar Scepanovic, Cécile Alanio, Christian Hammer, Flavia Hodel, Jacob Bergstedt, Etienne Patin, Christian W. Thorball, Nimisha Chaturvedi, Bruno Charbit, Laurent Abel, Lluis Quintana-Murci, Darragh Duffy, Matthew L. Albert, Jacques Fellay for The Milieu Intérieur Consortium. Genetic factors and age are the strongest predictors of humoral immune responses to common pathogens and vaccines. Genome Medicine. DOI: 10.1186/s13073-018-0568-8

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