Pierre Rossi reçoit la Polysphère 2019

Pierre Rossi lors de la cérémonie des Polysphères 2019. © Alain Herzog / EPFL

Pierre Rossi lors de la cérémonie des Polysphères 2019. © Alain Herzog / EPFL

Les étudiantes et étudiants de la Faculté ENAC ont remis à Pierre Rossi la Polysphère 2019 pour la qualité de son cours de biologie délivré au niveau propédeutique en sciences et ingénierie de l’environnement.

Quelle a été votre réaction en apprenant que vous étiez le lauréat de la Polysphère pour l’ENAC?

Une surprise complète! D'ailleurs, j'avais effacé tous les mails annonçant la nouvelle, certain que je n’étais pas concerné. Il a fallu un message urgent du vice-président de l'AGEPoly pour que je prenne conscience de la chose une semaine plus tard. Il me paraissait très improbable de recevoir une récompense pareille, pour un enseignement donné essentiellement au niveau propédeutique. Passée cette surprise, je dirais que c'est un très beau cadeau qui m'est fait, après quelque 15 années passées à l'EPFL. Cela me touche d'autant plus que cette reconnaissance vient des étudiants, les premiers concernés.

Pouvez-vous nous expliquer le contenu de votre cours?

Le contenu du cours de biologie est relativement classique, puisqu'il s'agit essentiellement d'un passage en revue des grands groupes d'organismes peuplant cette planète. A part les animaux, tous les domaines du vivant sont abordés, avec une emphase sur celui des bactéries en lien avec l’environnement, mon domaine de prédilection. Bien sûr, on ne peut aborder la totalité du monde vivant en l'espace de quelques heures. Le cours est structuré de telle sorte à mettre en avant les principes de base qui serviront aux futurs ingénieurs en environnement. En complément, on utilise des études de cas concrets et des exercices spécifiques.

Quelle est votre approche pédagogique?

J'essaie surtout d'amener mes étudiants à développer un sens critique et une réflexion propre, notamment en les conduisant vers des niveaux supérieurs du modèle de pédagogie dit de la «Taxonomie de Bloom». Cela consiste pour eux à répondre de manière créative et synthétique à des questions complexes, ce qui n'est pas facile pour tout le monde, surtout au niveau propédeutique. Ensuite, dispenser ce cours aux étudiants est une autre chose... j'ai la chance de compter sur de nombreuses années d'enseignement à presque tous les niveaux scolaires. Les petits trucs et astuces pour garder la concentration et l'attention s'apprennent dans la pratique, et parfois en passant par de belles erreurs. Mais dans tous les cas, le principe de base est de se rappeler que les enseignants sont des "Passeurs d'histoire", une histoire qui ne nous appartient pas, qui a commencé il y a longtemps lorsque nos ancêtres mâchaient encore du mammouth séché à la veillée, et qui continuera bien après nous. Nous ne sommes finalement que des dépositaires temporaires, et le savoir nous rend à notre humanité. Je tiens aussi à préciser que depuis une année, mon cours de biologie est couplé avec le cours de biochimie donné par Julien Maillard. J'ai la chance de pouvoir collaborer avec lui et de profiter de ses grandes qualités d'enseignant.

Vous êtes employé au Laboratoire central environnemental (GR-CEL). Selon votre expérience, quels liens se tissent entre votre travail en laboratoire et l'enseignement?

Il s'agit là de ma fonction principale, qui consiste à répondre aux besoins des chercheurs dans leur quotidien. Cette activité de service est très différente d'un cours classique, naturellement. Mais il y a aussi des similitudes dans les mécanismes d'apprentissage, notamment au niveau du développement de l'autonomie de l'individu. Côtoyer des étudiants sur le plus long terme permet de mieux cerner leurs besoins, leurs points forts, mais aussi leurs faiblesses. Avec un peu d'expérience, et parfois en tenant compte de leur histoire de vie, il est possible de les amener à leur plein potentiel. On oublie trop souvent que derrière l'étudiant ou le chercheur, il y a un être humain, et que celui-ci ne peut appliquer les connaissances acquises ici que s'il ressent confiance et sécurité dans ses moyens. Bien mieux encore qu'une Polysphère, le plus beau cadeau que l'on reçoit alors est de les voir nous dépasser.

Bio express

1986-1996: Master, Doctorat et post-doctorat en biologie de l’Université de Neuchâtel

1996-1997: Post-doctorat, Université de Californie du Sud (USC)

1997-2002: Maître-assistant, Laboratoire de microbiologie, Université de Neuchâtel

2002-2003: Collaborateur scientifique au Centre d’hydrogéologie, Université de Neuchâtel et enseignant au Lycée Jean-Piaget, Neuchâtel

2004-2008: Collaborateur scientifique et chargé de cours, Laboratoire de Biologie Environnementale (LBE), EPFL

Depuis 2009: Collaborateur scientifique senior au Laboratoire Central Environnemental (GR-CEL) et chargé de cours à l’EPFL en biologie et microbiologie environnementale


Auteur: ENAC Communication