Nouveaux cours de master SHS pour l'automne 2020

La morphologie de Lausanne en 1721 © EPFL-CDH/Bianchi Irene

La morphologie de Lausanne en 1721 © EPFL-CDH/Bianchi Irene

Le programme de Sciences humaines et sociales (SHS) du CDH offre trois nouveaux cours de master pour l’année académique 2020/2021. Deux de ces cours sont ouverts aux étudiants de l’Université de Lausanne (UNIL) dans le cadre d’une nouvelle initiative commune entre l’EPFL et l’UNIL.

« Les données en contexte : Critical Data Studies » (HUM-485/6) et « Histoire urbaine digitale : Lausanne Time Machine » (HUM-450/4) sont deux des nouveaux cours de master offerts cette année dans le cadre du programme SHS.

A partir de cet automne, les deux cours seront ouverts chaque année aux étudiants de l’EPFL, ainsi qu’aux étudiants de la Faculté des sciences sociales et politiques (SSP) et de la Faculté des lettres de l’UNIL. Le cours « Les données en contexte » sera aussi ouvert aux étudiants de la Faculté des hautes études commerciales (HEC) de l’UNIL.

Données, modèles, et confiance

Le cours « Les données en contexte » sera donné par Christine Choirat, directrice de l’innovation au Swiss Data Science Center, et par Charlotte Mazel-Cabasse, directrice opérationnelle du Centre des Humanités Digitales UNIL-EPFL (dhCenter). Selim Krichane, collaborateur scientifique au CDH et chercheur à l’UNIL Gamelab, en sera le coordinateur. Ce cours, qui sera donné en français avec certains supports de cours en anglais, aborde les défis méthodologiques découlant du traitement de données complexes, hétérogènes et souvent désordonnés, dans le but d’aborder des thématiques sociales pertinentes.

« Ce cours représente une opportunité pour les étudiants de l’EPFL et de l’UNIL de poser un regard neuf sur des thématiques liées aux données, aux modèles et à la confiance, au travers d’une série d’études de cas portant sur des situations concrètes, allant de la comptabilisation des suffrages aux modèles de prévision appliqués à la santé publique. C’est aussi une opportunité de travailler en groupe sur des projets concrets et stimulants » explique Selim Krichane.

Le cours, qui met l’accent sur les pratiques en matière de données ouvertes et sur les logiciels ouverts, accordera une importance particulière aux questions de reproductibilité et de transposabilité. Il aidera les étudiants, issus de formations allant des sciences sociales à l’ingénierie, à aborder avec rigueur des questions liées à la recherche axée sur les données.

« Il est rare pour les étudiants de nos deux campus d’être activement impliqués dans un cours où ils peuvent échanger et acquérir de nouvelles compétences de manière collective » ajoute-t-il. « Les étudiantes et étudiants seront amenés à prendre en considération l’ensemble des facteurs culturels et sociaux qui accompagnent les pratiques d’analyse de données, tout en acquérant des compétences concrètes dans l’utilisation d’outils de pointe dans le domaine. »

L’histoire et le digital

Le cours « Histoire urbaine digitale » quant à lui, sera donnée par Béla Kapossy, doyen du CDH ; Isabella di Lenardo, collaboratrice scientifique au CDH ; et Mathieu Pellet, chargé de cours d'UNIL et membre de l’Institut Romand des Sciences Bibliques (IRSB). Les étudiants de ce cours, qui sera donné en français, pourront reconstituer l’histoire de la ville de Lausanne en utilisant des méthodes, des jeux de données et logiciels de statistique, ainsi que des sources textuelles, cartographiques et photographiques. L’étude de cas de Lausanne est unique, car les jeux de données qui seront analysés ont été extraits spécialement pour ce cours, et n’ont encore jamais fait l’objet d’un travail d’analyse historique.

« Ce cours se base sur une approche intégrée ayant pour but de réunir le monde académique et le monde patrimonial, et inclut la participation de curateurs et conservateurs d’institutions patrimoniales de la ville de Lausanne, » explique Isabella di Lenardo.

« Au cours du premier semestre, les étudiants iront à la rencontre des institutions et seront confrontés à différentes méthodes disciplinaires. Pendant le deuxième semestre, ils développeront des projets digitaux pour valoriser les biens patrimoniaux tout en explorant des questions historiques. »

Elle ajoute que l’un des plus grands défis pour les étudiants de ce cours est de comprendre la spécificité des méthodes historiques, ainsi que les contextes dans lesquelles les institutions patrimoniales travaillent, afin de pouvoir développer des environnements digitaux.

« Les étudiants d’aujourd’hui sont tous les jours en contact avec l’information numérique. Il sera donc important pour eux de comprendre que le patrimoine n’est pas seulement une source inépuisable de connaissances sur le passé, mais aussi un champ ouvert de développements potentiels de nouvelles technologies et méthodes scientifiques. »

Le troisième cours, « Experimental history of science » (« Histoire expérimentale de la science » HUM-402), aborde également le passé avec une perspective contemporaine. Il sera donné en anglais par Simon Dumas Primbault et Ion-Gabriel Mihailescu, et offrira aux étudiants la formation et les outils nécessaires à la compréhension des rôles essentiels que tiennent les compétences et objets techniques dans la production de connaissances à travers l’Histoire.

Les étudiants seront tout particulièrement encouragés à voir leur salle de cours comme un laboratoire servant à la production de connaissances historiques. Ils pourront utiliser leurs compétences techniques, allant de la chimie à l’architecture, en passant par la physique et l’ingénierie, pour interagir avec des objets et des techniques issus de l’histoire de la science au travers de projets pluridisciplinaires, tels que la reconstitution d’anciennes expériences, ou l’application de techniques modernes pour produire des connaissances historiques sur des objets et pratiques du passé.

 

Auteur: Celia Luterbacher