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Monsieur Jean-Paul Festeau tire sa révérence après 38 ans à l'EPFL

© A. Herzog

© A. Herzog

Responsable du service académique depuis sa création, Jean-Paul Festeau a accompagné, voire devancé, les évolutions technologiques qui ont transformé la gestion des études. Rencontre avec une personnalité qui a marqué l’EPFL.

Quand il a signé son premier contrat de travail à l’EPFL, son supérieur lui a fait promettre de rester au moins trois ans. Jean-Paul Festeau a tenu parole, et plutôt dix fois qu’une : arrivé en octobre 1976 comme assistant-étudiant, collaborateur dès 1979, et enfin responsable du Service académique dès sa création en 1980, il a pris officiellement sa retraite le 31 mai dernier, après avoir côtoyé cinq présidents. Débordant d’idées et d’énergie, Jean-Paul Festeau a su négocier les virages de l’innovation dans la gestion des études, des notes sur cartes perforées d’hier aux résultats en ligne de 2017.

Une école au milieu des champs

Le premier bureau de Jean-Paul Festeau se trouvait encore à l’avenue de Cour à Lausanne, ou une partie de l’EPFL était toujours installée. En 1980, lorsque l’ancien Secrétariat des étudiants et le Secrétariat académique ont été réunis pour créer le Service académique (SAC), le nouveau chef de service prend ses quartiers au bord du lac, sur un petit campus fréquenté alors par 1700 étudiants. «L’EPFL était constituée de quelques bâtiments au milieu des champs, entourés de pavillons pour les ingénieurs et les ouvriers qui construisaient le site», se souvient Jean-Paul Festeau. 

À l’époque, l’internationalisation était encore bien loin, et on ne parlait que le français dans les auditoires de l’école. «Aucun cours n’était encore donné en anglais, même pas au Master. Les professeurs étaient en majorité francophones, raconte Jean-Paul Festeau. Les étudiants de l’EPFL venaient quasiment tous de la Suisse romande. «C’était vraiment une école régionale.» Les jeunes de 1980 n’étaient pourtant pas si différents de ceux de 2017, à quelques nuances près. «Ils osaient moins faire recours. Mais on voyait surtout beaucoup moins les mamans, sourit Jean-Paul Festeau. Aujourd’hui, les familles des étudiants sont plus impliquées, ce qui est compréhensible quand ils viennent de loin et ne savent pas vraiment où ils vont loger, par exemple.»

L’ancêtre de la bureautique

Les bureaux du Service académique de l’époque n’avaient pas non plus grand-chose à voir avec ceux d’aujourd’hui. Les téléphones avaient des cadrans, les lettres étaient tapées à la machine et Excel n’existait pas : les terminaux n’étaient pas équipés de logiciels de bureautique. La création des horaires d’examens se faisait à la main, sur d’immenses feuilles. «Les bulletins de notes étaient rédigés sur du papier chimique pour avoir des copies. Les notes étaient saisies sur des cartes perforées, qu’on apportait ensuite au centre mécanographique pour l’enregistrement»

Le chef du SAC, qui peut se targuer d’avoir suivi 37 formations internes en 38 ans de carrière, a beaucoup contribué aux évolutions technologiques dans son service. «J’étais le premier dans l’administration à avoir une imprimante dans mon bureau», raconte-t-il. Dans les années 1980, il a ainsi proposé la création d’une carte avec microprocesseur pour les étudiants, une idée revenue en 1996 sous la forme de la Camipro. Jean-Paul Festeau est notamment à l’origine du guide pratique pour les étudiants, puis du livret de cours bilingue. Il était le premier à avoir lancé l’idée du décalage des horaires de cours pour désengorger le métro, il s’est battu pour le maintien de l’année propédeutique, et a aussi proposé la création des blocs de cours au moment de l’arrivée des systèmes de crédits. Dans un registre moins sérieux, il est aussi connu pour ses poissons d’avril qui en ont auront piégé plus d’un.

À l’heure de passer la main à son successeur Laurent Ramelet, Jean-Paul Festeau quitte les 45 collaborateurs du SAC (dont 20 administratrices de programmes doctoraux). «Pas mal pour un service composé de 7 personnes à ses débuts », glisse-t-il en souriant.

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La Vice-présidence pour l'éducation et le Domaine de la formation se font les porte-paroles de toutes les personnes actives dans la gestion des études pour remercier chaleureusement Jean-Paul Festeau pour son engagement au sein de l'EPFL.

Son implication a fortement contribué à la bonne gestion des dossiers des étudiants et des études et dans un contexte de forte croissance et de complexification des règles et ordonnances. L'ensemble des tâches a été réalisé avec un haut niveau de qualité, une optimisation permanente des ressources tout en accordant une grande attention à son équipe.


Auteur: Sarah Aubort
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