«Mon cours prépare les étudiants à faire la différence dans le monde»

Davide Bavato, meilleur enseignant de la section du management de la technologie et de l’entrepreneuriat de l’EPFL - 2025 EPFL/Alain Herzog - CC-BY-SA 4.0

Davide Bavato, meilleur enseignant de la section du management de la technologie et de l’entrepreneuriat de l’EPFL - 2025 EPFL/Alain Herzog - CC-BY-SA 4.0

Le cœur de Davide Bavato a longtemps été tiraillé entre les mondes académique et entrepreneurial. Le meilleur enseignant de la section du management de la technologie et de l’entrepreneuriat de l’EPFL combine désormais les deux.

C’est seulement après avoir travaillé à plein temps dans une start-up que Davide Bavato s’est lancé dans des études de master, puis dans une thèse de doctorat. On pourrait donc penser que le meilleur enseignant 2024 de la section du management de la technologie et de l’entrepreneuriat de l’EPFL est un gestionnaire-né. Et pourtant, lorsqu’il était enfant, c’était l’inverse: «J’avais toujours le nez dans les bouquins. On entrevoyait donc le futur scientifique bien plus clairement que le futur spécialiste des start-up!»

Davide Bavato s’est fait happer par la fibre entrepreneuriale plus tard, durant ses années d’études de bachelor à l’Université Ca’ Foscari de Venise. «J’ai été séduit par l’énergie du milieu des start-up, le fait qu’il permette de vraiment contribuer à changer la société, à rendre le monde meilleur», raconte celui qui est aujourd’hui post-doctorant à la Chaire entrepreneuriat et commercialisation des technologies (ENTC).

Apprendre de ses erreurs

Jeune homme, il se lance rapidement dans la vie pratique. «J’ai accepté un job chez Desall, une plateforme innovative destinée à faire le lien entre les entreprises et les designers par le biais de concours d’idées.» Une première expérience professionnelle « qui a façonné tout le reste de ma recherche». Surtout, le terrain lui a permis d’apprendre de ses erreurs, ajoute-t-il. Car c’est bien connu, même entouré des meilleurs mentors, «on ne cesse de se casser la figure dans le monde des start-up».

C’est alors que la part intellectuelle de Davide Bavato s’est réveillée. «J’avais envie d’être challengé mais aussi d’acquérir des expériences internationales.» Ce natif de Piombino Dese, dans la Province de Padoue, en Italie, met alors le cap sur la Suède, où il obtient un double master en management international du CEMS (un regroupement d’écoles supérieures, d’entreprises et d’ONG) et de la Stockholm School of Economics. Il enchaîne sur une thèse de doctorat sur le thème de la créativité et de l’évaluation des nouvelles idées, effectuée aux Pays-Bas, à la Rotterdam School of Management, Erasmus University.

© 2020 EPFL

A la croisée de deux mondes

Mais au fond, pourquoi choisir entre recherche et réalité du terrain? «L’enseignement tel que je le pratique actuellement constitue un excellent moyen de combiner les deux!», se réjouit-il. «Mon cours d’introduction à l’entrepreneuriat vise à transmettre aux étudiantes et étudiants les premières étapes de la création d’une société en s’appuyant sur des questionnements scientifiques.» Concrètement, il allie les théories de l’entrepreneuriat avec un projet de développement de concept de business en équipes. «La cinquantaine de personnes qui participent sont ultra motivées.» Il faut dire «qu’il ne s’agit pas d’exercices prétextes qui resteront ensuite dans un tiroir à prendre la poussière». Lorsqu’ils et elles quittent l’EPFL, «ces jeunes sortent dans le monde et peuvent y faire une vraie différence».

Pour le post-doctorant de l’ENTC, le fait d’avoir intégré l’EPFL en février 2020, alors que la pandémie de Covid-19 obligeait la Suisse à se replier sur elle-même, a eu une influence majeure sur sa méthode d’enseignement. «Selon moi, un cours réussi est intimement lié au professeur, à sa gestuelle, à sa façon de se connecter aux étudiantes et étudiants et de créer du lien entre elles et eux, à sa disponibilité pour un accompagnement individualisé.» Confronté au challenge des cours en ligne, «j’ai axé mes interventions sur l’interactivité tout en essayant d’introduire le plus d’échanges informels possible, par exemple des apéros virtuels».

Une question de fibre

La crise sanitaire est passée, les ingrédients principaux du cours sont restés. Toujours en misant sur l’interactivité et le côté informel, l’enseignant tente de convaincre chacun et chacune, dans son audience, qu’il ou elle «est parfaitement capable de lancer une start-up». Il s’agit pour ce faire «de rendre l’étape suivante possible, de passer de la théorie – les slides – à la pratique – la clientèle – et aussi d’aller au contact de celles et ceux qui ont déjà fait le pas, réussi à créer un modèle d’affaires durable».

Le spécialiste en est convaincu, «il y a toutes sortes de manières de devenir entrepreneur, entrepreneuse». Pour ce faire, nul besoin de devenir le boss. «On peut très bien cultiver sa fibre entrepreneuriale à l’intérieur d’une organisation, en tant que salarié, salariée.» En ce sens, le chercheur considère son cours comme «une bouffée d’air frais» dans le cursus. «Lorsqu’on étudie dans une école polytechnique, on a parfois l’impression que seules deux voies s’ouvrent à soi, l’académie ou l’industrie.» Davide Bavato tente d’inciter à «sortir de ce type d’autoroute mentale, à s’ouvrir à une autre vision, sa propre vision».


Auteur: Patricia Michaud

Source: People

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