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10.08.17 - Quel impact cliquer sur un lien ou «liker» un produit peut-il avoir sur votre anonymat et vos données? Une chercheuse de l’EPFL a mis au point une solution pour mieux surfer sans trop se dévoiler, tout en conservant les avantages des recommandations en ligne.

Acheter un livre ou un objet grâce aux suggestions basées sur votre profil est devenu la norme sur internet. Mais ces propositions, qui utilisent le comportement de l’utilisateur, soulèvent de nombreuses questions concernant la protection des données. L’acheteur potentiel se trouve souvent face à un dilemme : faut-il cliquer sans savoir exactement ce qu’il dévoile de ses habitudes et l’usage qui sera fait de ces informations, ou renoncer et ne pas pouvoir profiter d’un service bien utile?

Mahsa Taziki, chercheuse à l’EPFL, a mis au point un système qui rend cette décision très simple. Grâce à un algorithme, elle peut déterminer en temps réel la quantité d’informations dévoilées par un clic pour «liker» ou donner une note à un objet. «Dans 80% des cas, il faut accepter de troquer une part d’anonymat pour obtenir ce que l’on souhaite sur internet. Mais certains clics ont une utilité sans compromettre la vie privée, alors que d’autres font tout le contraire. Mon objectif est que l’utilisateur sache exactement à quoi s’en tenir pour faire son choix», explique la chercheuse.

Un échange équitable ?

Au contraire des bloqueurs de publicité, qui ne permettent pas de faire un tri précis, cet algorithme garde l’accès à des informations ou à des publicités jugées pertinentes par l’utilisateur. Concrètement, le système évalue pour chaque clic potentiel la quantité de données transmises, le degré d’anonymat, et enfin l’avantage pour l’utilisateur. Il affiche ensuite le résultat sous la forme d’un système de couleur, ce qui permet de juger en un coup d’œil de l’intérêt d’une action en ligne. Grâce à ce mini-conseiller de poche, l’internaute peut alors accepter l’échange de données s’il le juge équitable.

À l’avenir, Mahsa Taziki envisage de poursuivre le développement de son système avec une extension pour navigateur internet, qui permettrait d’être prévenu immédiatement lorsqu’un site empiète trop libéralement sur la vie privée. «En fin de compte, notre but est que l’utilisateur puisse profiter des avantages offerts par les recommandations en ligne, tout en gardant un contrôle maximum sur sa vie privée et les données qu’il partage», conclut la chercheuse.

Auteur:Sarah AubortSource:Mediacom
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