«Même à petite échelle, on a l'impression de faire la différence»

Alexander Sanchez de la Cerda et Samuel Bosch ont lancé Assist-o, un service qui a pour but de trouver les meilleurs assistants personnels pour leurs clients. © Bosch / Sanchez

Alexander Sanchez de la Cerda et Samuel Bosch ont lancé Assist-o, un service qui a pour but de trouver les meilleurs assistants personnels pour leurs clients. © Bosch / Sanchez

Face à la crise économique liée au Covid-19, Samuel Bosch, étudiant à l’EPFL, et Alexander Sanchez de la Cerda, diplômé de l’EPFL en sciences informatiques et vice-président de l’association Quantum Computing sur le campus, veulent faire la différence. Leur but: redynamiser l’emploi en créant leur start-up. Et pourquoi pas?

Ils ne sont pas médecins mais pour Samuel Bosch et Alexander Sanchez de la Cerda, ce n’était pas une raison pour rester les bras croisés lorsque le monde a été mis à l’arrêt à cause de la pandémie du Covid-19. «Le personnel médical et de nombreux autres travailleurs ont veillé à ce que nous puissions continuer à vivre notre vie. Nous voulions jouer un rôle mais aussi aider à ralentir la propagation du virus en restant chez nous». Ils ont donc décidé de se concentrer sur les conséquences économiques de la crise sanitaire. «Dans mon pays d’origine, la Croatie, le chômage était déjà un problème», explique Samuel. «Et cela s’est aggravé à cause de la situation sanitaire et du récent tremblement de terre à Zagreb».

Pour eux, le meilleur moyen de lutter contre ce fléau est évidemment de créer de nouveaux emplois en connectant les gens entre eux et en distribuant du travail. Mais comment? Le 25 mai, ils ont lancé Assist-o, un service qui a pour but de trouver les meilleurs assistants personnels pour leurs clients. «Les gens nous disaient qu’on était fous de vouloir créer notre start-up en pleine crise sanitaire», raconte Alexander. Mais l’autrichien d’origine en est persuadé: «c’est le bon moment». Pour preuve, une semaine après avoir posté la première offre, la compagnie recevait 540 candidatures.

Une vie à mille à l’heure

Pour comprendre d’où vient cette idée, il faut remonter le temps et s’arrêter un moment sur le parcours des jeunes entrepreneurs depuis leur arrivée à l’EPFL. Alexander étudie les sciences informatiques et l’économie et obtient son Bachelor l’été dernier. Samuel est étudiant Master en physique et science des données. Ils se rencontrent pour la première fois grâce à l’association MUN EPFL (Model United Nations and Debating Club), alors qu’Alexander en était le Président. Le même été, ils fondent la Quantum Computing Association à l’EPFL. Après avoir effectué ensemble des recherches sur le machine learning au sein du Laboratoire de systèmes intégrés de l’EPFL, ils font leurs bagages pour Harvard où Samuel rédige sa thèse de Master et Alexander travaille en tant que chercheur universitaire.

Entre études, recherche, vie associative et vie privée, il ne leur reste plus beaucoup de temps. «En octobre dernier, j’ai dit à Samuel qu’on avait besoin d’un assistant personnel», se souvient Alexander. «Il m’a regardé comme si j’étais fou mais il a fini par poster une annonce pour rechercher un assistant en Croatie. Et il l’a trouvé!». Samuel ajoute: «J’avais tellement de projets en cours parallèlement à mes études quand la crise est arrivée que je n’aurais jamais pu y arriver sans mon assistant».

Un service à 360°

Cependant, les étudiants réalisent assez vite qu’ils ont besoin de plus: plus de disponibilité, plus de réactivité, plus de services, plus de compétences. C’est donc en se basant sur leur propre expérience qu’ils imaginent le concept d’Assist-o. L’assistant, afin de répondre à une large palette de demandes, n’est pas seul à la barre puisqu’il peut s’appuyer sur un back-office. «Si l’un de nos clients a besoin d’un nouveau logo, il contacte son assistant qui transmettra ensuite cette tâche à nos graphistes», illustre Samuel. «Nous proposons également des assistants secondaires, qui peuvent prendre le relai si nécessaire».

Autre particularité: Samuel et Alexander mettent un point d’honneur à sélectionner des assistants personnels qualifiés dans des domaines très différents. «Il s’agit de soutenir l’éducation et d’aider les personnes qui travaillent dur».

De l’ambition à tout va

Alors que les frontières entre pays de l’Union Européenne sont redevenues visibles pendant la crise sanitaire, Assist-o fait le choix de les gommer en travaillant avec des assistants et des clients de nombreux pays différents. Le schéma engendré par la situation attriste Alexander: «On en est à «ce que mon pays peut faire pour lui-même» et non plus à ce que nous pouvons faire ensemble… alors honnêtement, ça fait du bien de relier des gens en Suisse avec d’autres personnes en Europe». Même si ces relations restent virtuelles.

Pour l’instant, Assist-o emploie neuf assistants personnels. A leur image, les deux entrepreneurs voient les choses en grand pour le futur. Ils viennent d’enregistrer la start-up au registre du commerce du canton de Vaud (Assist-o Sàrl) et de créer une filiale aux Etats-Unis (Assist-o LLC) pour leurs clients américains. Leur objectif est de proposer de plus en plus de services en back-office: conseils juridiques, séances sportives et assistance pour la décoration d’intérieur, aucune idée n’est laissée de côté. «Nous voulons construire un vaste réseau de personnes mais aussi de connaissances», avance Samuel. «Imaginez un client qui adore un restaurant à Genève et un autre client qui se rend dans cette ville à un moment donné. Alors son assistant peut consulter la base de données et trouver ce bon restaurant. Il y a tant de possibilités!»

De l’ambition de créer des emplois résulte un concept plein de promesses. Samuel, qui commence son PhD au MIT au mois d’août, n’abandonne pas pour autant l’aventure aux côtés d’Alexander. Celui-ci, qui prendra bientôt la tête de l’antenne suisse, conclut: «Assist-o, c’est un bureau de vie».


Auteur: Julie Haffner
Source: People