Marianna Fenzi rejoint le LHST dans le cadre du projet Future Food

Marianna Fenzi © 2019 Marianna Fenzi

Marianna Fenzi © 2019 Marianna Fenzi

Marianna Fenzi est actuellement chercheuse invitée à l’Université de Californie à Berkeley aux Etats-Unis. À partir du 15 décembre, elle rejoindra le Laboratoire d’Histoire des Sciences et des Techniques (LHST), dirigé par le Professeur Jérôme Baudry, dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans qui portera sur la biodiversité agricole.

Le projet, intitulé « Espaces de culture interconnectés : antagonisme et complémentarité dans la conservation et l’élevage » (“Interconnected Cropspaces: Antagonism and Complementarity in Conservation and Breeding” en anglais), sera soutenu par une subvention octroyée par l’initiative de recherche Suisse Future Food.

Marianna Fenzi a pour but d’analyser les pratiques actuelles et historiques de la diversité des cultures afin de développer des systèmes de production d'une alimentation durable. Dans cette perspective, elle souhaite analyser l'opposition et la complémentarité entre les différentes approches de conservation et de sélection de la diversité des cultures.

« Il y a des différentes communautés scientifiques impliquées dans la conservation et l’utilisation de biodiversité agricole, et elles ont des approches divergentes. Par exemple, la conservation ex-situ dans des banques de gènes fournit une conservation statique à long terme du matériel génétique, alors que la conservation in-situ sur le terrain a pour but d’améliorer le potentiel d’évolution dans un environnement changeant », explique la chercheuse.

Marianna Fenzi pense qu’il est essentiel de rassembler les différents acteurs et méthodes afin d’offrir des solutions concrètes pour la conservation et l’élevage de plantes – plus particulièrement aux agriculteurs. Dans cette optique, elle prévoit un travail théorique basé sur l’histoire de la science et des technologies, l’écologie et l’anthropologie. Pour la recherche, elle va analyser les pratiques scientifiques de trois centres de recherches internationaux : le centre international d’amélioration du maïs et du blé au Mexique (CIMMYT), l’institut de recherche du riz aux Philippines (IRRI), et l’institut national chinois de recherche du riz (CNRRI).

Elle espère que le projet va contribuer à développer des stratégies afin de lier la protection de la biodiversité et l’élevage de plantes dans des systèmes diversifiées et équitables.

« L’EPFL englobe plusieurs communautés scientifiques différentes qui travaillent sur beaucoup d’aspects de la biodiversité, et le groupe du Professeur Baudry se fonde sur la science participative et la production de savoir. Pour ces raisons, je suis convaincue que l’EPFL est le lieu idéal pour développer mon projet », explique-t-elle.

À propos de Marianna Fenzi :

Marianna Fenzi a obtenu son doctorat en histoire de la science dans l’Ecole des hautes études en science sociales (EHESS) à Paris. Sa thèse a été rédigée sur la transformation des approches quant à la conservation des cultures diversifiées des années 1940 à maintenant. Elle a ensuite fait des recherches postdoctorales avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) à Toulouse. Durant les huit dernières années, son travail s’est focalisé sur la conservation génétique de plantes. Depuis 2018, elle étudie l’histoire de la lutte biologique et l’agroécologie à UC Berkeley.

Auteur: Celia Luterbacher