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11.10.18 - 10.10.18 - Directeur du laboratoire de maintenance, construction et sécurité des ouvrages, Eugen Brühwiler est primé meilleur enseignant de la section de Génie civil.

Les ponts, Eugen Brühwiler les aime sous toutes leurs fissures et cambrures. Lorsqu’il évoque leur passé, leurs spécificités techniques ou leur beauté, son regard s’illumine. Pas étonnant donc que le directeur du laboratoire de maintenance, construction et sécurité des ouvrages suscite autant d’enthousiasme auprès de ses élèves. Primé meilleur enseignant de la section de Génie civil, le professeur enseigne à l’EPFL depuis plus de vingt ans. Il a mis sur pied une offre de cours unique qu’il actualise chaque année. « Lorsque je donne un cours, je me sens comme un acteur, on peut dire que j’ai un style animé.» L’ingénieur rompu aux conférences apprécie faire le show pour captiver son public, sans omettre d’être à son écoute. «Il faut prendre les étudiants au sérieux, réexpliquer si nécessaire, car il n’y a pas d’étudiant bête.»

L’année dernière, l’enseignant originaire de Thurgovie, a dispensé quatre cours, trois Master et un Bachelor. Après avoir sensibilisé ses élèves aux notions de sécurité et de fiabilité des ouvrages, il les invite à se questionner sur les structures existantes, leurs caractéristiques, leur histoire ou encore leur esthétique. «Dans les universités techniques, la culture de la construction est généralement absente du cursus d’ingénieur, mais elle est essentielle. Je désirerais l’aborder encore plus tôt dans la formation.» L’amateur d’art se plait d’ailleurs à photographier des ponts et bâtiments pour enrichir son polycopié. Partout, tout le temps et surtout en vacances. «Cela me vaut les moqueries de ma famille», lance l’enseignant en souriant.

Un contenu à la pointe de la recherche

Aussi bon en langues qu’en mathématiques, Eugen Brühwiler a su dès le gymnase qu’il souhaitait devenir ingénieur. Restait à trouver le domaine. Le génie civil l’a attiré car il implique des réflexions techniques, mais aussi sociétales, historiques et environnementales. Avant d’enseigner à l’EPFL, il a notamment œuvré aux CFF comme chef de projet pour la division ponts et structures. Et il continue d’intervenir comme expert à l’externe, puisant dans ses expériences personnelles pour enrichir ses cours. «Un bon professeur doit être authentique, les étudiants doivent sentir qu’il vit son sujet.»

Pour ce spécialiste des ponts à haute valeur patrimoniale, les ouvrages de l’ingénieur ne sont pas de froides constructions de métal et de béton, ils ont une âme. Et un corps qu’il faut surveiller, soigner, remettre en état. Le laboratoire du professeur est notamment à l’origine du composite cimentaire ultraperformant utilisé pour renforcer le viaduc de Chillon du «cancer du béton». «Pour faire du bon travail, il faut appliquer les technologies les plus récentes au service des monuments historiques.» Dans le respect du développement durable, l’ingénieur part du principe que les interventions sur les constructions existantes doivent être limitées. Et qu’elles ne doivent pas se contenter de réparer les structures, mais les améliorer pour ajouter une plus-value. C’est dans cette optique que le professeur a été engagé dans la solidification de l’abbatiale de Payerne ou encore dans le monitoring de plusieurs ponts. «Grâce à l’installation de capteurs, nous pouvons désormais mesurer les battements de cœur d’un pont pour évaluer en direct son état.» Autant de recherches et de projets que le professeur exploite dans ses cours pour proposer à ses étudiants un contenu à la pointe des connaissances actuelles.

Auteur:Laureline DuvillardSource:Centre de transport
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