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15.08.16 - SERIE D’ETE - travaux d’étudiants – Pour son travail de Master en sciences de l’environnement, Christelle Oltramare a récolté 110 échantillons de cheveux au Burkina Faso et développé un outil capable de reconnaître plusieurs sortes de pesticides.

Elle est partie avec une valise vide et, au retour, elle l’avait remplie de cheveux ! L’expérience n’est pas banale, car Christelle Oltramare a choisi le Burkina Faso pour mener son projet de master au sein du Laboratoire Central Environnemental de l'EPFL. Pendant deux mois elle a prélevé des échantillons de cheveux sur des volontaires dans plusieurs villages, pour mesurer l’impact de l’activité maraîchère sur les agriculteurs. Elle désirait aussi mener ses recherches sur les habitants qui n’étaient pas en contact direct avec les pesticides.

«J’ai fait un stage l’été dernier en santé du travail et ça m’a passionné de voir comment l’environnement pouvait influencer la santé humaine. Avec les cheveux, c’était une nouvelle approche intéressante». De nombreux pesticides sont connus pour être des perturbateurs endocriniens ou des substances cancérigènes avérées ou supposées. Ces composés toxiques se retrouvent dans l’environnement, dans l’eau ou dans les denrées alimentaires.

Le Burkina Faso n’a pas les mêmes réglementations ni les mêmes contrôles qu’en Suisse pour l’utilisation des produits dangereux. «Les agriculteurs, pour la plupart, ne savent pas lire, ils ne font pas la différence, un pesticide reste un pesticide qu’il soit dédié à la culture du coton ou des légumes. Et souvent ils versent la même quantité de produit pour leur lopin de terre d’à peine 100m2, que ce qu’un industriel utiliserait pour un hectare».

Aujourd’hui on sait analyser les cheveux pour trouver des traces de drogue, et il existe un protocole. Comme il n’y a pas encore de procédure reconnue pour la recherche de pesticides, Christelle Oltramare s’est basée sur une méthode d’extraction de pesticides dans les fruits et légumes, pour l’appliquer aux cheveux.

Pour cela, il a fallu optimiser plusieurs paramètres afin d’analyser convenablement les échantillons, d’abord laver les cheveux pour enlever toute la poussière, ensuite les plonger dans un solvant pour effectuer les extractions. «On a fait plusieurs essais pour trouver quel était le meilleur solvant, la meilleure phase pour purifier en évitant que, notamment, les acides gras ne se retrouvent dans nos échantillons et viennent perturber l’analyse ».

Christelle a analysé 73 échantillons. Ses résultats ont montré que les gens sont exposés à un véritable cocktail de pesticides et pas uniquement à cause de leur activité professionnelle. Les maraîchers sont les premiers impactés mais les habitants du village ont également été contaminés par d’autres vecteurs comme l’eau et les aliments.

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