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Le père fondateur de l'EPFL s'est éteint dans sa 101e année

Maurice Cosandey, chez lui, lors d'une interview. ©Alain Herzog, EPFL/2016

Maurice Cosandey, chez lui, lors d'une interview. ©Alain Herzog, EPFL/2016

Maurice Cosandey, président de l’EPFL de 1963 à 1978, est décédé mardi dans sa 101e année. Père fondateur de l'EPFL moderne, il avait dès son arrivée en 1963 à la tête de ce qui était encore l'EPUL (l’Ecole polytechnique de l’université de Lausanne) développé la vision d'une fédéralisation. Il nous quitte juste au moment où l'Ecole s'apprête à fêter ses 50 ans, en 2019.


Maurice Cosandey s'est éteint, mardi 4 décembre, à l'issue d'une vie longue et bien remplie. «Un grand homme nous a quitté. Juste au moment où l’EPFL fête ses 50 ans (en 2019), le père fondateur, l’architecte de la fédéralisation et le premier Président de l’EPFL s’est éteint, dans sa 101ème année de vie riche, créative et engagée», résume avec émotion Martin Vetterli. 

Père fondateur de l’EPFL moderne, c’est à Maurice Cosandey que l’EPFL doit son statut fédéral. Au Conseiller d’Etat Pierre Oguey qui lui avait demandé quelle serait sa stratégie lors de sa nomination à ce qui était encore l’EPUL (Ecole polytechnique de l’Université de Lausanne), il avait répondu face à un ministre sceptique : « La seule chose que je peux vous dire, c’est que je ferai tout ce que peu pour que l’Ecole polytechnique de Lausanne devienne une Ecole polytechnique fédérale. »

Dès qu’il reprend les rênes de l’EPUL en 1963, il développe ainsi la vision d’une fédéralisation, à l’image de l’ETH de Zürich. Avec le soutien du Conseiller d’état Jean-Pierre Pradervand et du Conseiller fédéral Hans-Peter Tschudi, il est l’architecte de la mue de l’EPUL (Ecole polytechnique universitaire de Lausanne) en École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). En 1969, Il en deviendra le premier président et ce jusqu’en 1978.

En mai dernier, au détour d’une photo officielle, il se remémorait le premier crédit demandé alors pour… construire des installations sportives. «Cela n’a pas été facile. Les politiciens avaient de la peine à comprendre pourquoi on faisait d’abord la gymnastique avant l’enseignement et la recherche. Alors, on leur a expliqué que les jeunes avaient besoin de mouvement aussi. Et ils ont compris. » Aucune fanfaronnerie dans ses propos : l’homme était du genre modeste, généreux et terrien.

L'épisode peut sembler anecdotique: c'est sous sa présidence que l'EPFL a déménagé sur son site actuel. Elle quitte la ville en 1977, s’enrichit de plusieurs nouvelles sections : mathématiques (1969), la science des matériaux (1974) et microtechnique (1978).

Bien après sa retraite, Maurice Cosandey est resté fidèle au campus, se tenant au courant des derniers développements de celui-ci. En octobre dernier, il est venu comme chaque année assiter à la Magistrale, la cérémonie de remise des diplômes.

A sa famille et à ses proches, l'EPFL adresse toute sa sympathie et sa reconnaissance.

Un long parcours au service de la science
Né le 8 février 1918 à Lausanne et originaire de Sassel dans la Broye, Maurice Cosandey a fait le gymnase scientifique à Lausanne avant d’entrer à l’Ecole polytechnique de Lausanne, dont il obtient le diplôme d’ingénieur civil en 1940. Il travaille chez Zwahlen & Mayr, entreprise de construction métallique durant 20 ans (de 1944 à 1964) avant de devenir Président de celle qui s’appelle encore l’EPUL (Ecole polytechnique universitaire de Lausanne) en 1963. A cette époque, il est déjà professeur de constructions métalliques et en bois depuis douze ans. Sous son impulsion, l’EPUL deviendra EPFL le 1er janvier 1969, passant d’un statut cantonal à fédéral. Elle quitte la ville pour le site actuel en 1977, s’enrichit de plusieurs nouvelles sections : mathématiques (1969), la science des matériaux (1974) et microtechnique (1978). Et lorsqu’il quitte l’institution, c’est pour poursuivre en tant que président du Conseil des EPF. Un rôle qu’il assumera durant dix ans, de 1978 à 1987.

Auteur: Corinne Feuz
Source: Mediacom
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