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01.09.17 - Depuis sa création en août 1997, le laboratoire-école en chimie de l’ISIC a formé plus de 100 apprentis. Son credo: inculquer les techniques d’apprentissage de l’EPFL, renouveler sans cesse sa formation et anticiper les besoins industriels. Si la majorité des apprentis choisit la voie professionnelle après leur diplôme, quelque 40% sont piqués par le virus des études.

Il y a 20 ans, le Département de chimie constatait que les ressources étaient dissipées au sein des laboratoires de recherche, chacun formant son apprenti. Pour gagner en efficacité et en cohérence, l’idée de créer une unité de formation commune en chimie préparative et analytique s’est imposée. Francis Perritaz, l’actuel chef de la formation des apprentis de l’EPFL, est alors chargé de mettre en place le laboratoire-école. Quatre futurs laborantins constituent la volée de 1997, et dès 2006 ce sont 24 apprentis qui sont répartis sur les trois années de formation.

Céline Henzelin dirige le LABO-ECOLE aujourd’hui. Elle a choisi de former les premières années: «C’est leurs premiers pas dans le métier, ils sont curieux, pas encore formatés, ils ont un regard neuf, et si cela les intéresse ils peuvent très vite accrocher et aller très loin.» Les apprentis de seconde année travaillent sous la houlette de son collègue Luke Harris et les troisièmes années sont prises en charge dans les différents groupes de recherche.

La chimiste a mené ses études à l’UNIL, elle a terminé sa thèse à l’EPFL avant de partir dans l’industrie pharmaceutique. Plus tard, elle a suivi une formation d’enseignante à la HEP avant de postuler au LABO-ECOLE il y a 6 ans. « Ce qui m’a attirée dans ce poste c’était tout d’abord d’être à l’EPFL et la part importante donnée à la formation pratique.»

Laborantin en chimie est un métier très exigeant qui demande beaucoup de rigueur et de technique. Les apprentis sont spécialisés dans la chimie de synthèse et chimie préparative. Ils doivent être capables de synthétiser et de caractériser des molécules connues ou nouvelles dans des buts thérapeutiques ou pour la recherche. Ils doivent aussi savoir transposer leurs connaissances dans d’autres laboratoires, c’est ce qu’ils apprennent en 3ème année au cours de leur stage dans les groupes de recherche.

«La collaboration avec les professeurs, les doctorants et les post doctorants est très importante, nous avons des contacts réguliers afin de savoir ce qu’ils aimeraient que l’on améliore dans notre formation pour qu’à leur arrivée dans le laboratoire pour leur dernière année d’étude, les apprentis soient autonomes et puissent encore gagner en compétences », explique Céline Henzelin. À la fin de leur formation, les apprentis sont polyvalents et connaissent tous les outils nécessaires à leur profession.

Et même si cet apprentissage se déroule en milieu académique, les deux formateurs restent en anticipation des besoins industriels, «c’est un milieu que Luke et moi connaissons bien puisque nous en venons.»

Que deviennent les apprentis à la fin de leur formation ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, le LABO-ECOLE est aussi une passerelle, un tiers des apprentis continuent leurs études en Hautes Écoles d’Ingénieur et environ 2% font le raccordement pour entrer à l’EPFL ou dans une université, certains finissent même par faire une thèse. «Un des premiers apprentis qui a été formé ici est aujourd’hui collaborateur scientifique à l’ENAC, confie la scientifique, dans chaque promotion on a en tout cas un apprenti qui suit cette voie universitaire».

Ce 20ème anniversaire est aussi l’occasion de se projeter dans l’avenir. Le LABO-ECOLE offrira dès la rentrée prochaine de nouvelles perspectives de formation pour les jeunes laborantins. En effet, ils pourront désormais effectuer des stages entre 6 mois à une année en entreprise, en Angleterre, en Irlande ou ailleurs en Europe pour parfaire leurs connaissances linguistiques et professionnelles après le CFC.

Et à la question qu’espérez-vous pour la suite Céline Henzelin répond: « continuer à former des jeunes motivés et qui aiment ce métier. Sinon je souhaite au LABO-ECOLE 20 ans de plus».

Alec, Sarah et Xavier sont en 2ème année, ils partagent leur semaine entre deux jours de cours et trois de laboratoire. Ils avouent tous préférer la formation pratique à celle théorique.

Alec Gagnebin, aimait les maths et avait envie de découvrir la chimie, il se voyait mal au gymnase assis cinq jours par semaine. Ce qui lui plaît? Fabriquer de nouvelles choses, participer à la recherche.

Pour Sarah Mikami, c’est son stage en chimie qui l’a motivée à faire cet apprentissage. Après l’obtention de son CFC, elle espère bénéficier du stage d’une année à l’étranger, puis elle poursuivra en HES pour devenir ingénieure en biotechnologie.

Xavier Volet, lui, se réjouit d’entrer dans le monde professionnel.

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