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L'EPFL évalue l'impact économique de trois scénarios énergétiques

© iStock

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Des laboratoires de l’EPFL ont comparé trois scénarios pour la transition énergétique qui se différentient par leur recours respectif aux produits fossiles, aux énergies renouvelables ou à l’efficacité énergétique. D’après cette étude, la combinaison d’énergies renouvelables et de mesures d’efficacité énergétique créera plus d’emploi en Suisse et offrira une meilleure indépendance énergétique, sans impacter les coûts.

De nombreuses études comparent les émissions de CO2 et les consommations d’énergie finale et d’électricité de différents scénarios de la transition énergétique suisse. Mais peu d’études s’intéressent aux impacts économiques de la transition énergétique : l’EPFL a cherché à pallier ce manque à travers la comparaison de trois scénarios réalistes pour l’avenir énergétique de la Suisse en 2050.

Le premier scénario, «poursuite de la politique actuelle», correspond à la situation énergétique en 2050 si la politique fédérale de 2011 avait été maintenue sans nouvelles mesures. Le second, «mesures politiques du Conseil fédéral» se base sur l’impact en 2050 des mesures énergétiques récemment acceptées, si elles sont menées à terme. Enfin, le troisième scénario, «nouvelle politique énergétique», correspond à la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, dont le premier paquet de mesures a fait l’objet de la votation du 21 mai 2017.

Le niveau d’indépendance énergétique, l’impact sur l’emploi et le coût du futur système énergétique ont été évalués en s’appuyant sur energyscope.ch, le calculateur en ligne développé par le Centre de l’Energie et le laboratoire IPESE (Industrial process and energy systems engineering) de l’EPFL.

Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique favorisent l’indépendance

Le scénario «nouvelle politique énergétique» s’avère le plus favorable en ce qui concerne l’indépendance énergétique de la Suisse. Le déploiement des énergies renouvelables disponibles localement (solaire, éolien, hydraulique, bois, etc.), combiné à l’amélioration de la performance des véhicules et des bâtiments, engendre une forte baisse des importations des agents énergétiques (le mazout, l’essence, le diesel, le gaz naturel). Le niveau d’indépendance énergétique passerait ainsi de 26% aujourd'hui à environ 72% en 2050 pour ce scénario de transition énergétique. Avec le scénario «mesures politiques du Conseil fédéral», le niveau d’indépendance passerait de 26% à 46%. Naturellement, avec le scénario «poursuite de la politique actuelle», elle resterait inchangée à 26%. (Voir Figure 1).

Figure 1 – Indépendance énergétique de la Suisse dans les 3 scénarios évalués.

L’efficacité énergétique créatrice d’emploi

Une méthodologie de calcul de l’impact sur l’emploi a été récemment développée par le Centre Energie et le laboratoire d’économie urbaine et de l’environnement (LEURE), puis intégrée au calculateur énergétique Energyscope.ch.

Les résultats de cette analyse montrent que le nombre d’emplois en Suisse dans les secteurs liés à l’énergie serait environ 35% plus élevé dans le scénario «nouvelle politique énergétique» que dans les deux autres scénarios. Le professeur Thalmann du LEURE explique que «ce résultat s’explique principalement par les emplois créés dans le domaine de l’efficacité énergétique, notamment dans la rénovation des bâtiments, dont une part importante de la valeur ajoutée est réalisée en Suisse par des entreprises locales. A contrario, dans les scénarios qui privilégient l’importation de combustibles, une part importante du coût concerne l’achat d’énergie qui crée peu d’emplois locaux.» (voir Figure 2).

Figure 2 – Emplois dans les secteurs liés à l’énergie dans les 3 scénarios considérés.

En outre, dans le scénario «nouvelle politique énergétique», le secteur des transports bénéficie d’une augmentation des emplois, grâce à un transfert modal en faveur du transport public. En revanche, une baisse des emplois dans le secteur automobile est attendue en lien avec le déploiement des véhicules électriques, qui nécessitent nettement moins de maintenance que les voitures à essence.

Ces résultats sont basés sur une approche sectorielle pour les activités directement liées à la production et distribution d’énergie. L’estimation des emplois induits par la transition énergétique se base sur une approche de «matrices entrée-sortie» et prend en compte les impacts structurels sur l’économie aux prix actuels de l’énergie.

Des coûts similaires dans tous les scénarios

Le calculateur montre également que les coûts annuels du futur système énergétique sont estimés à environ 24 milliards de francs par an (hors taxes), indépendamment du scénario choisi. Ces chiffres incluent le coût des infrastructures (réseaux, unités de production, etc.), les coûts liés aux mesures d’efficacité énergétique, ainsi que le coût des importations d’agents énergétiques (produits pétroliers, gaz naturel, électricité).

Les différences de coûts entre les scénarios étudiés sont inférieures à 10% (voir Figure 3), ce qui, compte tenu de la marge d'incertitude, ne permet pas d'affirmer qu'une option est plus chère que l'autre. Les scénarios qui dépendent des ressources fossiles présentent néanmoins une plus grande incertitude sur leur coût futur, car ils sont soumis aux prix du pétrole et du gaz dont l’évolution à long terme est plus difficile à prédire que celui des technologies.

Figure 3 – Coût (investissement et opération) du futur système énergétique par an dans les 3 scénarios considérés.

«Ce résultat n’est pas vraiment surprenant, analyse le professeur François Maréchal du laboratoire IPESE. Les énergies renouvelables couplées à l’efficacité énergétique engendrent certes un surcoût des investissements, mais ceux-ci sont compensés par une baisse de la facture d’importation des carburants et combustibles. En outre, les énergies renouvelables (notamment le solaire photovoltaïque) et les solutions d’efficacité énergétique (véhicules électriques, etc.) seront de moins en moins coûteuses.»


Auteur: Centre de l'Enrgie EPFL
Source: Mediacom
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