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EPFLinnovators fait des doctorants de vrais entrepreneurs

La doctorante Laura Hermans et le professeur Pavan Ramdya © Alain Herzog 2019 EPFL

La doctorante Laura Hermans et le professeur Pavan Ramdya © Alain Herzog 2019 EPFL

Le programme qui met en lien les doctorants avec le monde industriel lance un nouvel appel à projets. Rencontre avec deux de ses participants. L’une planche sur l’activité neuronale du moustique, l’autre sur des drones capables d’effectuer des opérations longue-distance.

«Trop de connaissances tombent dans l’oubli car les doctorants ne peuvent pas en tirer une application concrète à la fin de leur thèse. Pour ma part, j’aimerais que ma recherche ait un impact positif sur la société en répondant aux défis actuel du monde ‘réel’», remarque Harry Vourtsis, doctorant originaire de Grèce. C’est pourquoi ce chercheur en robotique, contrôle et systèmes intelligents a choisi de postuler l’année dernière au programme EPFLinnovators, qui permet d’être engagé à la fois dans la recherche et l’entrepreneuriat.

Lancé en 2017, le programme EPFLinnovators compte actuellement une vingtaine de doctorants. Les participants bénéficient en sus de leur cursus, de cours spécifiques liés à l’entrepreneuriat. Et ils doivent effectuer un stage de six mois à deux ans chez un partenaire non-académique. Cette année, EPFLinnovators a reçu plus de 500 candidatures. Les Commissions des programmes doctoraux ont présélectionné environ 60 candidats. Et les superviseurs de thèses ont jusqu’au 30 avril pour les interviewer en vue de soumettre un projet élaboré avec un partenaire non-académique. Ensuite, un comité international élira les quinze meilleurs projets de thèse.

Dans la tête du moustique

«EPFLinnovators permet d’évaluer comment transférer la connaissance de la recherche au monde industriel », estime Laura Hermans participante au programme. La doctorante travaille dans le laboratoire de neuroingénierie du professeur Pavan Ramdya. Son objectif ? Déterminer les mécanismes neuronaux en œuvre chez le moustique Aedes aegypti lors de l’évitement de certaines odeurs. Puis utiliser ces connaissances pour développer des répulsifs efficaces qui permettraient de réduire la transmission du virus Zika, de la dengue et de la fièvre jaune, dont Aedes aegypti est le vecteur.

Pour ce faire, la doctorante devra imager l’activité neuronale du moustique régissant les comportements d’attraction ou de répulsion face à différents stimuli olfactifs. Ceci en partenariat avec Firmenich International SA où elle effectuera un stage de six mois. «Le challenge principal pour le monde industriel est financier, et les entreprises sont très attentives au calcul des risques. EPFLInnovators leur offre l’opportunité de prendre des risques pour tester différentes applications de la recherche», note le professeur Pavan Ramdya. Et les échanges avec le milieu non-académique permettent aux doctorants de mieux intégrer les contraintes des entreprises.


Harry Vourtsis planche sur la création d'un drone capable d'évoluer dans un milieu fortement peuplé et
d'effectuer des opérations longue distance.

Un drone efficace et sécure

«Pour un doctorant, c’est vraiment important d’interagir avec le monde ‘réel’ et de ne pas rester enfermé dans son laboratoire», remarque Harry Vourtsis qui travaille sur le développement de drones sécures et résistants, capables d’effectuer des opérations longue-distance. Le doctorant réalisera un stage de six mois chez senseFly. Une spin off du laboratoire de systèmes intelligents dirigé par Dario Floreano pour lequel il travaille. Le doctorant réfléchit à la conception d’un drone qui peut opérer de manière sûre dans un environnement peuplé. Il va créer un drone dont les ailes pliables assureront une protection au décollage et à l’atterrissage, tout en optimisant le vol horizontal. Le principal danger des drones qui volent à proximité des personnes provenant essentiellement des moteurs et des hélices. «Grâce à EPFLInnovators je pourrai présenter mes résultats à des investisseurs, des collecteurs de fonds et des incubateurs de start-up et évaluer ainsi la valeur de mon travail sur le marché», conclut Harry Vourtsis.

Info :

Pour les professeurs souhaitant superviser un doctorant EPFLinnovators, une séance d’information est organisée le mardi 19 mars à 12h15 au Research Office (BI A2 468)

Financement

Le projet EPFLinnovators est cofinancé par Horizon 2020, le programme-cadre de l’Union européenne pour la recherche et l’innovation via les Actions Marie Sklodowska-Curie (contrat cadre n°754354).


Auteur: Laureline Duvillard