Campus Energypolis 4/6, sa technologie solaire est prête à conquérir

© 2021 EPFL

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Professeur à l’EPFL Valais Wallis, Mohammad Khaja Nazeeruddin a créé des panneaux solaires bon marché et efficaces. Son industrialisation devrait bientôt débuter en Valais.

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Une fois par semaine, jusqu’au 24 février, le campus se dévoile dans Le Nouvelliste. Découvrez-y les acteurs qui y évoluent, ainsi que les solutions de demain qui y sont développées.

Dans leur laboratoire de la HES-SO Valais-Wallis, le professeur Origène Nyanguile et son équipe œuvrent contre les cancers. Et même s’ils ne fabriquent pas de nouveaux traitements, leurs recherches pourraient sauver un bon nombre de vies. Ils ont en effet développé, en partenariat avec l’entreprise Debiopharm, une technologie qui permet aux médecins de juger beaucoup plus rapidement de l’efficacité d’un traitement. Explications.

Ne pas perdre de temps

Perovskite. Pour le grand public, le nom de ce minéral n’évoque pas grand-chose. Pas encore du moins. Car cette matière a le potentiel de révolutionner le marché des panneaux solaires. Et pourrait surtout représenter un bel atout pour le Valais sur un marché pourtant très compétitif, dominé par la Chine.
La révolution pourrait bien provenir des laboratoires de l’EPFL Valais Wallis, où l’équipe du professeur Mohammad Khaja Nazeeruddin a développé des cellules photovoltaïques à base de cette fameuse perovskite. Une production-pilote est sur le point d’être lancée, en collaboration avec des partenaires industriels locaux, et avec le soutien du Canton. 

Des coûts de production très faibles

Mais au fait, c’est quoi la perovskite? «Il s’agit d’un minéral constitué de calcium et d’oxydes de titane», explique le chercheur d’origine indienne. «Ce matériau est intéressant pour la conversion d’énergie solaire en électricité et pour des diodes utilisées dans des affichages lumineux.»
«L’efficacité de nos cellules solaires vient d’être certifiée par un laboratoire américain à 24,8%», se réjouit le professeur Nazeeruddin. «C’est autant que celles à base de silicium. Notre technologie dispose en outre de plusieurs avantages pratiques qui rendent la fabrication de panneaux plus simple et réduisent significativement le coût de l’énergie solaire. Celui-ci va encore diminuer avec les volumes de production.»

L’efficacité de nos cellules solaires vient d’être certifiée par un laboratoire américain à 24,8%

Justement, ces volumes de production devraient voir le jour à moyen terme. Des négociations sont en cours avec un partenaire industriel pour lancer un projet-pilote en Valais. Une potentielle révolution. Le marché actuel est en effet dominé à 95% par des cellules en silicium. Une technologie qui nécessite d’importantes quantités de cette matière, sous forme de sable qui doit ensuite être purifié et fondu. Et fait grimper par conséquent les coûts de production

L’étape finale d’un long cheminement

L’utilisation de la perovskite dans la fabrication de cellules solaires a suscité un réel engouement au sein de la communauté scientifique. Ce d’autant plus que l’équipe basée en Suisse a trouvé les moyens de pallier son instabilité et sa mauvaise résistance à l’eau, à la température et aux rayons UV.
«Cette technologie a des avantages du fait de sa couleur, de sa légèreté et de son faible coût», précise Mohammad Kaja Nazeeruddin. L’engouement a été tel qu’il a propulsé le chercheur dans le top 5 des plus cités au monde dans le domaine de l’énergie. Depuis 2016, ses travaux ont été cités dans près de 10'000 articles scientifiques chaque année. 
Avec la prochaine industrialisation de «ses» panneaux solaires, le chercheur est tout proche de boucler une boucle entamée en 1987, lorsque, au cours de ses recherches sur les fertilisants, il s’est rendu compte que les matériaux qu’il avait développé permettait de transformer l’énergie solaire en électricité.
Il a fallu attendre 2012 pour qu’il s’attaque au développement de panneaux solaires en perovskite. «Nous sommes très excités de pouvoir apporter cette nouvelle technologie sur le marché pour le bien des consommateurs d’énergie», commente-t-il sobrement. «Nous espérons qu’ils puissent devenir plus facilement des producteurs d’énergie solaire.»

Un projet soutenu par le Canton
Les cellules solaires en perovskite de l’équipe du professeur Nazeeruddin font partie des six projets soutenus financièrement par le Canton, sélectionnés selon des critères stricts par un comité scientifique. Le Fonds Démonstrateurs Energie Valais vise à soutenir le développement des énergies propres autour du Campus Energypolis. Pour l’instant, les projets retenus ont obtenu un financement de 10,2 millions de francs, dont 5,9 millions issus de tiers et 4,3 mis à disposition par le Canton.
«De tels projets représentent une opportunité unique de valoriser les compétences valaisannes et de créer de la valeur ajoutée», justifie Sophia Dini, déléguée à l’économie et à l’innovation pour le Canton du Valais.


Auteur: Une Publication de Energypolis Campus Le Nouvelliste Betrand Girard