BERNINA challenge: La machine à coudre est un bijou d'ingénierie

Série d’été – Projet de bachelor (6). Loin des aprioris, des clichés et des stéréotypes associés aux métiers de la couture, une quinzaine d’étudiantes et étudiants bachelor ont choisi de passer un semestre à développer des projets autour de machines à coudre BERNINA.


Dès le mois de février, le grand hall du SPOT ( Student Prototyping and Outreach Tank ) s’est animé autour d’outils inhabituels. Cinq groupes d’étudiants apprenaient le fonctionnement et les multiples programmes de machines à coudre, dernière génération, de la célèbre maison suisse Bernina. Leur mission : imaginer comment les améliorer ou comment les utiliser autrement. En échange à l’EPFL, Gonzalo Rodriguez a tout de suite été intéressé par le défi. « J’ai choisi ce projet car j’avais vraiment envie d’avoir une expérience avec une entreprise, de comprendre comment fonctionnent le monde des affaires et les collaborations entre entreprise privée et université. »

Parmi les nombreux "Cours d’ingénierie simultanée" que peuvent choisir les quelques 200 étudiantes et étudiants bachelor, le challenge imaginé par Pedro Reis en charge du le FleXLab, le Laboratoire de structures flexibles, de la Faculté des sciences et techniques de l'ingénieur, semblait tout indiqué pour démarrer une première collaboration entre Bernina et l’EPFL. En effet, le professeur est intéressé par le potentiel et les capacités de matériaux moins conventionnels dans l’ingénierie et propose chaque année des expériences peu communes : « Le concept est de confronter les étudiants à l’inconnu, qu’ils trouvent des idées et qu’ils les développent. »

© 2022 EPFL Alain Herzog, cours d'introduction sur la machine à coudre BERNINA

Une fois l’introduction aux machines effectuée, les étudiantes et étudiants ont dû empoigner le sujet, partant d’une feuille blanche pour l’amener au prototype à la fin du semestre. « On nous a dit « faites ce que vous voulez, améliorez seulement la machine ». « C’était très déstabilisant », raconte Maria Pociello Pinazo, étudiante en ingénierie industrielle, en échange à l’EPFL. « Avec mes coéquipières, nous étions perdues, mais nous savions que nous voulions aider les minorités. » De fil en aiguille, l’idée de piquer du braille à la machine s’est imposée. Il fallait donc la programmer et s’assurer du vocabulaire. « Comme nous n’étions pas certaines d’avoir bien traduit les mots en braille, nous avons rencontré des membres de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants pour avoir leur retour sur nos échantillons », ajoute Aunosua Dey, étudiante canadienne, en échange, elle aussi. « Ces échanges nous ont permis de voir quels étaient les éléments lisibles et où il y avait encore des problèmes. »

© 2022 EPFL Alain Herzog, Maria, Juliet, Aunosua sur le projet Embraille

Libres, mais entourés

Très libres tout en étant bien entourés par une équipe d’assistants, les étudiantes et étudiants ont pu laisser leur imagination dicter leurs projets. « Nous n’étions pas directifs, cela pouvait être des projets purement mécaniques ou créatifs. » Bastien Aymon est l’un des assistants du projet : « Avant de commencer le semestre, nous nous sommes demandé ce que nous aimerions améliorer en tant qu’étudiants. Nos réflexions se sont naturellement dirigées du côté de la recherche avec, par exemple, un modèle théorique pour le choix d’une bonne tension du fil dans la machine à coudre, un gros défi technique pour Bernina. Pour l’heure, il me semble qu'il n'existe pas de modèle robuste qui s’appliquerait à toutes les épaisseurs et les types de tissus. »

Mais les étudiants ont eu d’autres idées et se sont tournés vers d’autres aspects très novateurs comme des bandages connectés, des habits aimantés, des gants structurés pour aider les personnes handicapées ou des questions de sécurité grâce à des projets didactiques que Bernina souhaiterait développer. Notamment, apprendre aux plus jeunes, via ses machines à coudre, la mécanique, la programmation, et pouvoir les confier aux mains peu expérimentées d’enfants.

© 2022 EPFL Alain Herzog, Guillaume, Elodie, Gonzalo sur le projet de sécurité

Aller plus loin

Cette idée a intéressé Guillaume, Gonzalo et Élodie qui ont planché sur les solutions de sécurité en dotant la machine à coudre d’un capteur capable de la stopper si les doigts s’approchent trop près de l’aiguille, et d’un laser montrant le point exact où l’aiguille doit être enfoncée. « Lorsqu’il a fallu choisir mon projet de bachelor », raconte Guillaume John, « j’ai trouvé que le Bernina design challenge était une approche intéressante et différente de l’ingénierie en nous donnant la possibilité d’imaginer un projet de A à Z et de créer un prototype.»

Pour Pascal Vuilliomenet, responsable de projets aux Discovery Learning Labs de l’EPFL, le FleXlab de Pedro Reis offre des perspectives sur des matériaux encore peu exploités dans le monde de l’ingénierie, qui, lorsque l’on parle de structures rigides, pense à l’aluminium, au bois, aux composites. « La mécanique du textile est un champ de l’ingénierie qui est très intéressant, mais encore peu enseigné. Les textiles ont un rôle très important à jouer eux aussi. Le fait de travailler avec Bernina nous offre l’opportunité d’aller plus loin », explique-t-il.



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© 2022 EPFL Alain Herzog, Guillaume, Elodie, Gonzalo sur le projet de sécurité
© 2022 EPFL Alain Herzog, Guillaume, Elodie, Gonzalo sur le projet de sécurité
© 2022 EPFL Alain Herzog, Maria, Juliet, Aunosua sur le projet braille
© 2022 EPFL Alain Herzog, Maria, Juliet, Aunosua sur le projet braille
© 2022 EPFL Alain Herzog, écrire du braille à la machine à coudre
© 2022 EPFL Alain Herzog, écrire du braille à la machine à coudre
© 2022 EPFL Alain Herzog, système de sécurité près de l'aiguille
© 2022 EPFL Alain Herzog, système de sécurité près de l'aiguille

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