Arthur Prahin, quand l'informatique rencontre le design

Arthur Prahin s’est inspiré des cartes de métro pour représenter la nature interdisciplinaire du Programme SHS. 2026 EPFL/Joachim Steiner CC-BY-SA 4.0

Arthur Prahin s’est inspiré des cartes de métro pour représenter la nature interdisciplinaire du Programme SHS. 2026 EPFL/Joachim Steiner CC-BY-SA 4.0

Étudiant en informatique et passionné par le design graphique, Arthur Prahin s’est inspiré des cartes de métro pour représenter la nature interdisciplinaire du Programme d’enseignement en sciences humaines et sociales (SHS). Son travail a été retenu pour illustrer la brochure du Programme.

Programmer le jour, dessiner et chercher des idées la nuit: chez Arthur Prahin, ces deux univers ne sont pas si éloignés qu’ils pourraient le sembler. Étudiant en informatique à l’EPFL, il s’intéresse depuis longtemps au design graphique et à tout ce qui touche à la composition visuelle et à la manière dont une idée peut être transmise par une image.

Alors, lorsqu’il découvre le cours «Design graphique – approche communicative», supervisé par Denis Roueche, enseignant à l’ECAL et chargé de cours SHS à l’EPFL, il y voit l’occasion de développer une facette de sa créativité qu’il ne peut pas toujours exercer dans ses études.

«J’ai toujours eu un intérêt pour le design graphique», explique-t-il. Le cours lui permet de passer de la curiosité à la pratique : observer, chercher des références, expérimenter, recevoir des critiques et surtout apprendre à construire progressivement une proposition visuelle.

Voir autrement

Pour Arthur, l’un des intérêts du design réside dans cette façon différente d’aborder un problème. Là où l’informatique invite souvent à raisonner en termes de logique, de structure et de fonctionnement, le graphisme introduit d’autres questions : comment organiser l’information Comment guider le regard ? Comment faire passer une idée sans la formuler explicitement?

Dans le cadre du cours, les étudiantes et étudiants doivent imaginer des visuels autour de l’EPFL et de la dimension humaine et fédératrice du Programme SHS. Arthur choisit de partir d’un objet familier: la carte de métro.

Le parallèle lui apparaît naturellement. Une carte de métro permet de représenter une multitude de destinations, de lignes et de correspondances sur un même support. Elle donne à voir des parcours différents, parfois parallèles, parfois amenés à se croiser.

Arthur transpose cette logique à l’univers académique.

Un campus transformé en réseau

Son projet reprend les codes graphiques des plans de transport urbain, notamment ceux popularisés par le designer italien Massimo Vignelli. Mais il ne s’agit pas simplement de reproduire une esthétique existante. «Les personnes ayant l’œil affûté remarqueront que le plan épouse la silhouette du campus de l’EPFL», raconte-t-il.

Derrière cette idée graphique se cache une réflexion sur les parcours possibles au sein de l’École. Les lignes deviennent autant de chemins que peuvent emprunter les étudiantes et étudiants, tandis que leurs intersections évoquent les rencontres entre disciplines et les passerelles entre différents domaines. «Mon souhait était de représenter tous les parcours possibles qu’un étudiant ou une étudiante peut suivre et de rendre une sorte d’hommage à la nature interdisciplinaire des SHS», explique Arthur.

Parmi les vingt-cinq projets réalisés dans le cadre du cours, le sien est retenu pour accompagner la nouvelle brochure du Programme SHS. Pour l’étudiant en informatique, cette sélection vient donner une dimension concrète à une expérience qui avait commencé comme une occasion d’explorer sa passion pour le graphisme.

Apprendre à défendre une idée

Au-delà du résultat final, Arthur retient surtout le processus. Il découvre un mode de travail qui repose largement sur l’expérimentation et les échanges. «Chaque groupe était libre d’orienter son projet selon sa propre vision», souligne-t-il. Cette liberté s’accompagne néanmoins d’un suivi régulier de Denis Roueche et Tamara Niklaus, enseignante à l’ECAL et chargée de cours SHS à l’EPFL.

Les discussions hebdomadaires lui permettent de confronter ses choix, de remettre certaines idées en question et parfois de repartir dans une autre direction. «Le fait de recueillir des retours extérieurs et de confronter mes idées à celles d’autres personnes m’a permis de prendre du recul, d’envisager de nouvelles pistes de réflexion et d’aboutir à des solutions que je n’aurais probablement pas trouvées seul.»

Cette dimension collaborative constitue peut-être l’un des principaux enseignements qu’Arthur emporte avec lui. Car le design graphique ne lui aura pas seulement appris à utiliser de nouveaux outils ou à réfléchir à la composition d’une image. Il lui aura aussi appris à accepter que la première idée ne soit pas nécessairement la bonne, et qu’un regard extérieur puisse contribuer à la faire évoluer.