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06.03.17 - Avec l’arrivée du navire au Chili, l’expédition ACE signe la fin de son deuxième « leg », marqué par un arrêt sur le continent de glace, la visite d’écosystèmes méconnus grâce à un submersible télécommandé et la découverte de territoires peu documentés. Départ de la troisième partie samedi, avec au programme la visite de trois îles reculées.

Punta Arenas, au Chili. C’est là, à quelque 13’000 kilomètres de la Suisse, que l’Akademik Treshnikov, le navire scientifique russe transportant l’Antarctic Circumnavigation Expedition (ACE), fait actuellement escale. Son arrivée dans cette petite ville, à l’extrême Sud du continent sud-américain, signe la fin de la deuxième des trois étapes que compte l’expédition. Démarré à fin décembre au Cap, en Afrique du Sud, ce périple a pour but de faire le tour de l’Antarctique en 90 jours avec, à son bord, une cinquantaine de scientifiques internationaux menant 22 projets de recherche.

Partie le 22 janvier de Hobart, en Australie, la deuxième étape de l’expédition aura été particulièrement riche en événements et en découvertes scientifiques. C’est notamment la seule des trois à avoir directement accosté sur le continent antarctique, au Glacier Mertz. Situé à l’Est, ce glacier est doté d’une langue s'étendant sur l’océan Austral et dont une partie - soit une pièce de glace d'environ 80 km de long - s'est détachée en 2010.

Tandis que certaines équipes ont prélevé des carottes de glace sur le dos de ce glacier afin de pouvoir y lire l’histoire climatique (grâce à la présence de gaz et autres particules), d’autres ont découvert ses dessous. Equipés d’un submersible doté de caméras et de bras télécommandés, des chercheurs ont pu observer ce qui se cache sous la langue et en ramener différents échantillons. L’analyse de ces organismes – éponges, planctons, ophiures, krills, etc. - a pour but de mieux comprendre comment ces écosystèmes évoluent et s’adaptent au changement climatique.

Les scientifiques ont également découvert plusieurs îles totalement inhabitées, telles que celles de l’archipel Balleny ou la petite île Scott, où ils ont procédé à de nombreux échantillonnages, ainsi qu’à des relevés cartographiques et ornithologiques.

Cette étape aura également connu plusieurs changements de programme. En raison d’une tempête, l’arrêt prévu sur l’île Macquarie a dû être annulé, et celui de l’île Pierre 1er écourté. En revanche, une halte imprévue a pu être organisée au Mont Siple, une île volcanique située tout près du continent et partiellement prise dans ses glaces. Les mesures et prélèvements réalisés à cet endroit sont d’autant plus intéressants qu’il a été très rarement visité et est donc très peu documenté.

Trois îles au programme du leg 3

Arrivé mercredi à Punta Arenas, le bateau repart demain pour la troisième et dernière étape de l’expédition. Plus de submersible ni d’arrêt sur le continent au programme. Mais la plupart des projets continuent, avec de nombreuses mesures océaniques et également terrestres, grâce à la visite de trois îles sub-antarctiques.

La première est aussi la plus grande d’entre elles, la éeorgie du Sud, territoire britannique très montagneux. La deuxième est un archipel volcanique au nom qui donne faim: les îles Sandwich. Scientifiquement, ces deux endroits revêtent un intérêt particulier pour leur végétation et leur faune. Ces îles sont en effet d’importants lieux de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux.

La troisième halte est prévue à l’île Bouvet. Géré par la Norvège, ce morceau de terre d’une cinquantaine de km2, entièrement recouvert d’une épaisse calotte glaciaire, est l’un des plus reculé au monde. Ses seuls habitants sont des éléphants de mer, des phoques, des oiseaux et des manchots. L’hélicoptère est l’unique moyen de le rejoindre.

Le 19 mars, l’expedition ACE arrivera au Cap, en Afrique du Sud, bouclant ainsi son tour de l’Antarctique. Mais le projet est loin de se terminer là. Un bilan et les premiers résultats scientifiques seront présentés à la presse le lendemain déjà. D’autres, plus poussés, feront également l’objet de conférences tout au fil de l’année.

A suivre sur www.spi-ace-expedition.ch

Envoyée spéciale au cœur de l’aventure

Le Service de communication de l’EPFL a pu saisir au vol l’opportunité d’envoyer l’une de ses journalistes en expédition aux confins du monde. Sarah Perrin, qui signe l’article ci-dessus, s’est envolée mardi pour Punta Arenas, au Chili. Carnet de notes, appareil photo et anti-émétiques en poche, elle suivra le quotidien des chercheurs et membres d’équipage tout au long des trois semaines que durera le «leg 3». Ses articles et reportages nous parviendront généralement de nuit, car les communications informatiques à bord du Treshnikov sont réservées en priorité aux travaux scientifiques durant la journée.

Il nous tarde, à la rédaction, de suivre presque en temps réel les aventures de Sarah en Antarctique – et nous nous réjouissons particulièrement de pouvoir les partager avec vous, via le blog spi-ace-expedition.ch ainsi que sur les réseaux sociaux de l’expédition ACE et de l’EPFL.

Emmanuel Barraud, rédacteur en chef

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