Une technique traditionnelle dopée aux simulations informatiques

Le pavillion BamX est visible dans le hall SG jusqu'au 29 septembre. © EPFL / Emmanuel Barraud

Le pavillion BamX est visible dans le hall SG jusqu'au 29 septembre. © EPFL / Emmanuel Barraud

Une collaboration entre le Laboratoire d’informatique géométrique de l’EPFL et une artiste britannique débouche sur la création d’une impressionnante structure en bambous tressés, visible dans le hall SG du campus lausannois de l’EPFL du 22 au 29 septembre.

Prenez des tiges de bambou, fendez-les en 6, ajoutez-y une bonne pincée de calculs informatiques et… BamX ! Vous obtiendrez un pavillon ultraléger mais remarquablement solide, dont les parties peuvent se replier à plat pour un transport facilité.

BamX, c’est le nom qui a été choisi pour désigner le premier démonstrateur de cette technologie innovante, mais qui se nourrit d’un art millénaire – celui du tressage de bambous. Elle se matérialise sous la forme d’un pavillon de 10 mètres de diamètre pour 4,5 mètres de haut, qui sera installé du 22 au 29 septembre dans le grand hall du bâtiment SG, sur le campus lausannois de l’EPFL.

Mark Pauly est aux commandes du projet. Directeur du Laboratoire d’informatique géométrique de l’EPFL, il a développé avec ses collaborateurs les algorithmes qui permettent de calculer précisément à quels points les lames de bambous doivent se croiser pour assurer la solidité de la structure. Sur cette base, il ne reste qu’à percer et visser, voire assembler au moyen de liens végétaux. « Nous n’avons pas inventé les constructions en bambou tressé, mais la possibilité de modéliser des structures complexes et de réaliser virtuellement des tests d’efforts les fait entrer dans une nouvelle dimension », estime-t-il. Et d’ajouter que l’apport de l’informatique permettra de créer des formes encore jamais réalisées jusque-là.

Le tressage en « colonnes » utilisé ici évoque les travaux d’une artiste britannique, Alison Grace Martin, qui réalise des sculptures sur ce principe. C’est dans son jardin en Italie que Mark Pauly et ses collègues ont trouvé leur inspiration pour BamX. Chez elle aussi qu’ont été cueillis les bambous ayant servi à la fabrication des premiers prototypes. La mise en espace a été réalisée en collaboration avec les professeurs Jan Knippers, de l’Université de Stuttgart, et Stefana Parascho, du Laboratoire pour la computation créative de la faculté ENAC de l’EPFL.

Au-delà du démonstrateur dévoilé ce mois, dont Mark Pauly espère pouvoir pérenniser la présence sur le campus, la démarche s’inscrit dans une profonde réflexion sur de nouvelles approches architecturales. « Je trouverais extraordinaire de pouvoir planter une bambouseraie sur le campus afin que, grâce à cette technique et d’autres encore à développer, les étudiantes et étudiants en architecture puissent élaborer et réaliser des constructions à “kilomètre zéro” et bilan carbone négatif », plaide le chercheur.

BamX, Hall du bâtiment SG de l’EPFL (Lausanne), du 22 au 29 septembre 2022. Plus d’infos : bamx.epfl.ch



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Alison Martin (à g.) et Mark Pauly présentent BamX. © EPFL / Emmanuel Barraud
Alison Martin (à g.) et Mark Pauly présentent BamX. © EPFL / Emmanuel Barraud

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