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Un nouveau fonds de l'EPFL récompense neuf idées Open Science

Une représentation partielle du réseau internet. © Creative commons

Une représentation partielle du réseau internet. © Creative commons

Le premier appel à projets de l'Open Science Fund de l'EPFL a attiré près de 50 propositions. Neuf projets ont été sélectionnés et recevront un soutien pour développer des idées favorisant une recherche ouverte et reproductible sur le campus et au-delà.

En septembre 2018, le président de l'EPFL, Martin Vetterli, a annoncé la création de l'Open Science Fund pour soutenir les meilleures idées sur le campus avec un total de CHF 3 millions pour la période 2019-2021.

Près de 50 candidatures ont été soumises au premier appel à projets ouvert entre mi-septembre et mi-décembre 2018. Après une évaluation minutieuse, neuf projets ont été sélectionnés par les membres du comité stratégique open science, auxquels se sont joints pour l'occasion des représentants des différentes facultés de l’EPFL. Vous trouverez ci-dessous une brève description des idées des lauréats.

Un fonds pour soutenir la science ouverte sur le campus

Au cours des dernières années, le soutien apporté à la science ouverte a pris de l'ampleur et aujourd'hui composé d’une multitude d'initiatives visant toutes à réduire les obstacles à une large diffusion du savoir. Un aspect important du mouvement est la prise de conscience du fait que la révolution numérique a un impact autant sur le monde universitaire que sur le reste de la société et exige des changements dans la façon dont la recherche est faite et celle dont les résultats sont partagés. De nouveaux outils et de nouvelles bonnes pratiques en matière de gestion des données et de documentation des méthodes doivent être explorés dans le but de rendre les résultats plus robustes, reproductibles, accessibles et réutilisables.

L'une des missions de l'EPFL est de faire de la recherches d’excellence et de diffuser le plus largement possible les découvertes et les technologies afin de maximiser leur impact sur le monde scientifique et sur la société en général. Il est donc important que chacun sur le campus expérimente en permanence la manière dont il produit et partage les résultats de la recherche sous toutes ses formes : publications, données dans toutes sortes de formats, métadonnées associées, logiciels, méthodes expérimentales et instruments, etc.

L’initiative Open Science à l'EPFL : une nouvelle page web et des événements

L’Open Science Fund n’est qu’un exemple parmi les mesures concrètes prises par la Direction de l’EPFL pour explorer le potentiel et les défis de la science ouverte. Une nouvelle page Web dédiée au sujet est maintenant en ligne et fournit des informations utiles et des services connexes, y compris au sujet d’actualités et d’événements. Le point culminant de l’année 2019 sera bien sûr la journée Open Science organisée le 18 octobre dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de l'EPFL. Réservez la date dans votre agenda dès maintenant ! Parmi les orateurs confirmés figurent Sir Philip Campbell, rédacteur en chef de Springer Nature, Fabiola Gianotti, directrice générale du CERN et José Moura, président élu de l'IEEE.

9 idées pour rendre la recherche plus ouverte
Promouvoir des benchmarks ouverts pour la Logic Synthesis – Les benchmarks permettent de reproduire et de comparer les performances entre différentes technologies. Une collection de ces bibliothèques de logiciels et de benchmarks ouverts développés par le Laboratoire des systèmes intégrés pour le domaine de la Logic Synthesis a reçu des réactions positives de la part des chercheurs et de l'industrie. Mais être open ne suffit pas. Ce projet veut mettre l'accent sur l’aspect communautaire nécessaire pour soutenir les outils et promouvoir leur adoption dans le milieu de la recherche.
Évaluer la qualité des articles d’actualité scientifiques – En cette ère de fake news et de méfiance à l'égard des experts, il est important de savoir repérer les actualités qui reportent de manière erronée les résultats des études scientifiques. Le Laboratoire de systèmes d'information répartis veut développer SciLens, une plate-forme qui génère automatiquement des indicateurs à l'aide d'un apprentissage faiblement supervisé, aidant ainsi les non-experts à évaluer plus précisément la qualité d'un article d'actualité scientifique.
Services logiciels ouverts pour l'enseignement et la recherche – Cette collaboration entre le NCCR MARVEL et le Centre européen de calcul atomique et moléculaire (CECAM) veut créer une plate-forme ouverte et collaborative en ligne pour héberger des outils existants de simulation et d'analyse de données, créant ainsi un environnement open science offrant des logiciels faciles à utiliser, avec un temps de configuration minimal.
Promouvoir l’utilisation de cahiers de laboratoire électroniques – Choisir un logiciel pour la gestion de l'information dans un laboratoire (LIMS) ou un cahier de laboratoire électronique (ELN) peut être compliqué. Les nombreuses options à disposition ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients et ne conviennent pas forcément à toutes les disciplines de recherche. Ce projet dirigé par le POWERLab développera une solution web adaptée aux besoins des sciences physiques à partir d’un outil open source existant.
Open Science avec des données privées - "J’aimerai rendre ma recherche plus ouverte, mais les données que j'utilise proviennent d'une source commerciale". Le paradoxe apparent entre respecter les droits de propriété et encourager la reproductibilité n'est pas nécessairement insoluble. Pour résoudre ce problème, une équipe de la Chaire de technologie et stratégies d'innovation va mettre au point une méthode de cryptage pour faciliter la réplication d’études ayant utilisé des données propriétaires.
Workshop Open Hardware – Le Web joue un rôle majeur dans l'adoption des bonnes pratiques de la science ouverte. Mais comment les résultats de la recherche qui ne peuvent être partagés en tant que fichiers numériques peuvent-ils être rendus publics ? Prenant un microscopie à illumination structurée (SIM) mis au point au Laboratoire de bio- et nano-instrumentation comme pilote, ce projet établira et partagera un cadre – y compris des lignes directrices en matière de propriété intellectuelle – pour faciliter la diffusion des instruments de recherche au sein de la communauté scientifique, et au delà.
Accès libre aux archive du Montreux – Cet jeu de données a une valeur inestimable pour les chercheurs en acoustique, traitement du signal, musicologie, et beaucoup d’autres disciplines. Malheureusement, il ne peut pas être rendu librement disponible en raison de restrictions liées aux droits d'auteur. Cette collaboration entre le MetaMedia Center et le Digital and Cognitive Musicology Laboratory va construire une plate-forme de calcul sécurisée permettant à chacun d'effectuer de la recherche de façon reproductible sur les archives sans y toucher.
NanoFab.net – Avec l'une des plus grandes installations universitaires de micro- et nano-fabrication au monde, l'EPFL est bien placée pour mettre en place des bonnes pratiques dans la façon dont les chercheurs partagent l'information sur les processus. Ce projet initié par le Laboratoire de photonique et mesures quantiques vise à concevoir et promouvoir une base de connaissances pour faciliter l'échange de bonnes pratiques entre les utilisateurs, décrivant à la fois les succès et les échecs.
Ouvrir l’imagerie hyperspectrale – La microscopie électroniques en transmission (TEM) est une technique largement utilisée dans la recherche et qui produit aujourd’hui des données et des métadonnées dans des formats propriétaires et mal documentés, ce qui rend difficile l’ouverture des résultats. Dans le cadre de ce projet, Cécile Hébert, du Laboratoire de spectrométrie et microscopie électronique, créera, avec l'aide de chercheurs et de fabricants d’instruments, un standard ouvert et un système de métadonnées appropriés. L'objectif est également de développer un logiciel ouvert pour la lecture, la conversion et la manipulation des données TEM.
 

Auteur: Luc Henry
Source: Mediacom