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08.09.10 - La publication du MIT Technology Review a cité Jochen Mundinger parmi les 35 jeunes entrepreneurs les plus innovants. Ce chercheur de l’EPFL est le fondateur de Routerank, un service de planification de voyages. Nous l'avons rencontré

En quelques mots, comment expliqueriez-vous le concept de Routerank?
Jochen Mundinger: A la base, il s’agit d’un logiciel de planification d’itinéraires. Une version est accessible au grand public via le site www.routerank.com. Sa première particularité, c’est de prendre en compte tous les moyens de transports tels que la route, le rail et les airs. Routerank vous permet de planifier un trajet complet, presque de porte à porte. Imaginons par exemple que je veuille aller d’Ecublens à Cambridge. Vous avez des centaines de combinaisons d’itinéraires possibles. Je peux prendre le métro pour Lausanne, puis le train pour Genève où je prendrai un avion pour Londres Luton et terminerai le trajet en taxi. Je peux aussi conduire jusqu’à Bâle, puis prendre un vol pour Londres Stansted et le train jusqu’à Cambridge. Routerank vous permet de classer facilement tous ces itinéraires selon différents critères tels que la durée du trajet, le prix et même les émissions de CO2.

Cette reconnaissance américaine pourrait-elle annoncer un envol de la start-up au niveau international?
Pour dire les choses franchement, j’en avais un peu sous-estimé l’importance au départ. Puis j’ai commencé à recevoir d’innombrables messages de félicitations d’un peu partout dans le monde. Ce prix nous fait vraiment traverser l’Atlantique. Nous avons eu de nombreuses récompenses européennes, mais la reconnaissance de Technology Review démontre la pertinence de notre travail également au niveau mondial, ce dont nous sommes très fiers.

L’Europe est totalement couverte par Routerank. Qu’en est-il du reste du monde?
Les vols sont d’ores et déjà couverts au niveau mondial. Les routes sont integrées en Europe et en Amérique du Nord. Les réseaux ferroviaires et transport publiques sont inclus pour l'Europe, et de plus en plus pour les Etats-Unis et le Canada.

Ce sont des centaines de flux de données à compiler…
Nous avons énormément de sources différentes. Nous utilisons les flux de données de Via Michelin, de sociétés telles que les CFF ou Deutsche Bahn et de plus de 700 compagnies aériennes. Toutes ces informations sont extrêmement hétérogènes, et les technologies qui se cachent derrière le sont tout autant. C’est un véritable challenge, sans compter la mise au point d'un algorithme très complexe.

Comment Routerank se finance-t-il?
Nous préparons des plateformes sur mesure. Nous comptons déjà parmi nos clients le WWF, Nokia ou la Confédération suisse. Par exemple, nous avons adapté les sources de données en fonctions des tarifs spéciaux dont la Confédération dispose chez les CFF et chez quelques compagnies aériennes, ou implémenté un critère de choix en fonction du temps de travail disponible pendant le trajet. Quant à notre plateforme publique, www.routerank.com, elle lève des revenus publicitaires et nous sert de démonstration.

Auteur:Lionel PousazSource:Mediacom
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