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14.12.15 - SThAR, une spin-off de l’EPFL, fait parler de grandes quantités de données issues des télécommunications afin d’identifier les moments et les lieux les plus opportuns pour délivrer un message. Un outil utile lors de campagnes électorales ou publicitaires.

Le buzz, tant recherché par les professionnels de la communication, est parfois difficile à maîtriser. Pour devenir le message dont tout le monde parle, l’information doit toucher le public-cible, mais également tomber au bon moment et au bon endroit afin de générer une cascade de diffusion. SThAR, une spin-off de l’EPFL, a mis au point des algorithmes qui améliorent les chances de faire mouche.

Le programme mis au point par la start-up propose un ciblage géographique et temporel pour des campagnes de communication électorales et publicitaires. Ces moments et endroits idéaux ne sont pas forcément exceptionnels en soi quant au nombre de personnes directement touchées, mais celles-ci sont connectées à d’autres, elles-mêmes liées à d’autres. Ils génèrent ainsi un engrenage qui multiplie l’intensité du message.

La jeune entreprise basée à l’EPFL Innovation Park propose également la programmation des différentes actions de communication sur la durée de la campagne. Elle donne une prévision du nombre de personnes averties pour chaque événement et une marche à suivre pour maximiser la diffusion du message: par exemple une liste d’actions à effectuer auprès des médias et sur les réseaux sociaux afin de stimuler davantage la diffusion du message.

La propagation des messages suit des lois physiques
Pour obtenir un modèle de prévision fiable, les créateurs de cette start-up –des physiciens- utilisent les données démographiques et économiques des compagnies téléphoniques sur plusieurs années. Ces big data anonymes, passées au crible des algorithmes, permettent de modéliser la connectivité entre les humains, la mobilité et les comportements collectifs liés à des endroits et des moments précis.

Le rapport avec la physique n’est pas aussi ténu que l’on pourrait le penser puisque ces calculs ont été développés à l’origine pour connaître le degré de désorganisation d’un grand système chimique en équilibre. Il s’avère que des lois semblables s’appliquent dans des domaines aussi différents. «Le message d’une campagne se développe en effet sur la base d’interactions entre ses membres, de raisonnements logiques, de décisions concertées et des stratégies globales, mais aussi de l'incohérence, de l'improvisation et de la panique», souligne Alberto Hernando de Castro, CEO de l’entreprise. Ces calculs ont également été testés pour prédire de manière quantitative le développement des villes, des organisations ou des entreprises par exemple.

Des tests concluants lors d’élections en Espagne
Le système a d’ores et déjà été utilisé avec succès. «Nous avons par exemple élaboré une campagne pour un parti lors d’élections locales en Espagne. Il a obtenu une augmentation de 100'000 électeurs en quelques jours après avoir suivi les recommandations de notre système», explique Hernando de Castro. L’entreprise a également conclu un partenariat avec une entreprise de communication zurichoise.

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