OpenLearnity, des cours en ligne de haut niveau et accessibles

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La plateforme proposée par l’association Swiss MOOC Service, fondée par l’EPFL et l’EPFZ, revoit son identité avec un nouveau nom et une volonté d’enrichir son contenu. Elle offre plus de 150 cours d’institutions reconnues, majoritairement gratuits, qui s’adressent aussi bien à des spécialistes qu’au grand public.
Les formations en ligne foisonnent, et dans cette jungle, il n’est pas toujours facile de trouver le bon chemin d’apprentissage. Un cours avec un contenu solide, fiable et un investissement raisonnable autant en temps qu’en argent. Ainsi, l’EPFL et l’EPFZ, fondateurs de l’association Swiss MOOC Service, ont choisi de donner un nouveau souffle à leur plateforme, désormais appelée OpenLearnity. « En tant qu’institution universitaire, nous avons le privilège de pouvoir développer des cours en ligne pour les étudiantes et étudiants, mais ces formations sont aussi utiles pour d’autres publics. J’ai personnellement suivi beaucoup de cours en ligne, pour moi c’est comme regarder un documentaire mais de manière interactive, en apprenant. Je trouve ça génial », relève Annechien Helsdingen, gestionnaire de projets au Centre de l’éducation à l’ère digitale (CEDE) et responsable de la plateforme côté EPFL.
Gratuité et sécurité des données
OpenLearnity offre actuellement 155 MOOC (Massive open online courses) dont 101 ont été créés par l’EPFL, précurseure dans ce domaine. Ces formations majoritairement gratuites, principalement en anglais et en français, touchent à une large variété de domaines, allant de l’informatique aux sciences de l’environnement ou de l’éducation en passant par la santé. « La grande différence avec d’autres plateformes, c’est qu’OpenLearnity est gérée par une association d’universités, et nous permettons aux membres qui le souhaitent de distribuer leurs contenus gratuitement, explique Patrick Jermann, directeur du CEDE et président du conseil d’administration d’OpenLearnity. La distribution de matériel pédagogique de référence est très importante, car avec les développements récents en IA, l’accès aux sources est souvent court-circuité par les robots conversationnels. Notre force est aussi que toute l’infrastructure est hébergée en Suisse. Nos partenaires peuvent ainsi garantir à leurs apprenantes et apprenants que leurs données personnelles sont entre de bonnes mains. »
Actuellement, 13 institutions (universités, hautes écoles, organisations à but non lucratifs) proposent sur la plateforme du contenu destiné à divers publics. Tout d’abord pour la communauté étudiante, avec des MOOC utilisés dans des formats de cours en classe inversée ou du contenu comme « Apprendre à étudier en science et ingénierie ». « Nous nous basons sur la recherche pour donner des stratégies d’apprentissage qui fonctionnent. Par exemple, plusieurs études montrent que pour réviser efficacement il est préférable d’essayer de se souvenir de la matière vue plutôt que de relire ou surligner simplement ses notes », illustre Cécile Hardebolle, conseillère pédagogique au CEDE qui a cocréé ce cours en ligne avec Roland Tormey, responsable du Centre d’appui à l’enseignement (CAPE).
La distribution de matériel pédagogique de référence est très importante, car avec les développements récents en IA, l’accès aux sources est souvent court-circuité par les robots conversationnels. Notre force est aussi que toute l’infrastructure est hébergée en Suisse. Nos partenaires peuvent ainsi garantir à leurs apprenantes et apprenants que leurs données personnelles sont entre de bonnes mains.
D’autres formations s’adressent à des personnes déjà actives sur le marché du travail souhaitant perfectionner leurs connaissances ou en acquérir de nouvelles. « Économie circulaire : une approche interdisciplinaire », « Création de nouvelles entreprises » ou encore « Éviter les biais implicites-fondamentaux » sont autant d’exemples qui peuvent intéresser un large public.
Finalement, les spécialistes y trouvent également leur compte avec des contenus plus pointus. « C’est la 3e année que nous offrons notre cours sur l'évaluation et le rapport fonctionnel standardisés, utilisant la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (ICF). Une classification de l’Organisation mondiale de la santé. Nous avons une moyenne de 80 à 100 participantes et participants par session, parmi eux, des professionnels de la santé, des chercheuses et chercheurs, des étudiantes et étudiants, mais aussi des membres de gouvernements et nous avons d’excellents retours », détaille Roxanne Maritz, coordinatrice du Centre de Réadaptation des Systèmes de Santé Mondiaux à l’Université de Lucerne.
En tant qu’institution universitaire, nous avons le privilège de pouvoir développer des cours en ligne pour les étudiantes et étudiants, mais ces formations sont aussi utiles pour d’autres publics. J’ai personnellement suivi beaucoup de cours en ligne, pour moi c’est comme regarder un documentaire mais de manière interactive, en apprenant. Je trouve ça génial.
Futures innovations
Côté EPFL, les MOOC à disposition ont déjà séduit quelque 22'000 personnes. Et il y a une volonté d’utiliser l’IA pour rendre leur contenu encore plus interactif, notamment avec des tuteurs IA qui pourraient répondre aux questions des apprenantes et apprenants. « Étant donné que beaucoup de personnes suivent les MOOC seulement en partie (30% en moyenne vont jusqu’à la fin), nous explorons des cours en ligne avec une approche plus modulable. L’IA pourrait par exemple aider les personnes à évaluer leur niveau, leurs besoins et leur proposer des modules adaptés pour un apprentissage plus personnalisé », note Annechien Helsdingen. De quoi disposer d’un chemin d’apprentissage encore mieux balisé.