« Mes robots peuvent nous aider dans la vie de tous les jours »

© 2021 EPFL

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Nommée professeure à la Faculté des sciences et techniques de l’ingénieur, Joséphine Hughes arrive avec des robots qui pourraient nous changer la vie. Rencontre avec une chercheuse ambitieuse. 

Sa passion pour les robots remonte à son enfance. À l’école primaire, dans le sud de la Grande Bretagne, Joséphine Hughes participe à des concours de robots avec son frère jumeau. Son enthousiasme pour ce domaine ne la quittera plus jamais. « J’ai commencé à jouer avec les robots en Lego de mon frère. Puis, avec les compétitions, j’ai créé des robots humanoïdes qui dansaient. Je leur mettais des costumes. J’aime la créativité que demande la conception mécanique et la programmation qui va avec », raconte la nouvelle professeure de robotique à la Faculté des sciences et techniques de l’ingénieur de l’EPFL.

La plus jeune professeure

Celle qui préfère qu’on l’appelle Josie effectue son doctorat à Cambridge puis son postdoctorat au MIT. À seulement 29 ans, elle est l’une des plus jeunes chercheuses à rejoindre l’EPFL en tant que professeure assistante tenure track. Cela ne l’empêche pas d’être sûre de son choix de carrière. « J’aime ce que je fais. Cela a été une force motrice durant tout mon parcours. J’ai toujours su où je voulais aller et ce que je désirais faire ».

Un robot de la main

Après les robots de son adolescence, c’est donc sans surprise qu’elle s’apprête à en développer d’autres au sein de son premier laboratoire. Au MIT, elle avait déjà créé un bras articulé capable de brosser des cheveux, ou encore un robot qui récolte des salades dans les champs. « Je conçois des robots qui peuvent nous aider au quotidien. Je travaille actuellement sur une main articulée munie de capteurs. Le but est d’obtenir une complexité qui s’approche le plus possible de son modèle humain. Je souhaite aussi développer des robots œuvrant dans l’agriculture afin de nous permettre de mieux utiliser nos ressources alimentaires. L’objectif est de recourir à des techniques de conception basées sur les données et d’exploiter de nouveaux matériaux pour construire des robots souples », explique la scientifique. Son rêve serait que ses machines soient employées dans la vie de tous les jours. Elle reconnait néanmoins qu’entre le prototype et l’application concrète, le chemin peut s’avérer long.

Varier les compétences

Britannique d’origine, Josie Hughes se réjouit de pouvoir profiter de la riche expertise en matière de robotique ainsi que de toutes les opportunités interdisciplinaires qu’offre l’EPFL. « Cet environnement se révèle très stimulant et la Suisse est un pays magnifique pour y vivre ». La jeune professeure est à la recherche de doctorantes, doctorants, postdoctorantes et postdoctorants motivés à rejoindre son laboratoire. « J’aimerais avant tout varier les compétences de chaque membre de l’équipe. Apprentissage machine, commande robotique, je suis ouverte. » Sportive, elle pratique le squash et le triathlon. Elle a aussi décidé de nourrir son esprit en s’inscrivant à des cours de français.

Se décrivant énergique, créative et un brin désorganisée, Josie Hughes n’a qu’une hâte : que ses robots prennent vie au sein de l’EPFL.


Author: Valérie Geneux
Source: People