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11.08.16 - Un robot développé par des étudiants de l’EPFL a été capable de rivaliser au babyfoot avec des joueurs de niveau moyen. La prochaine étape : doter le système d’une stratégie élaborée, et organiser une compétition entre robots.

Seriez-vous capable de triompher au babyfoot face au robot développé par les étudiants de l’EPFL ? Certains s’y sont essayés, et la tâche s’avère plus compliquée que prévu. Même doté d’une stratégie très simple, le robot est capable de battre des joueurs de niveau moyen. Son secret réside dans la rapidité et la puissance de tir.

Conçu comme une plateforme d’étude pour les étudiants bachelor et master, le robot-babyfoot a récemment franchi un cap. Après plusieurs années de développement au sein du Laboratoire d’automatique, il est à présent plus rapide, plus précis et plus puissant que jamais.

Des moteurs industriels beaucoup plus efficaces
Le robot a notamment reçu des «bras» tout neufs, puissants et agiles. Il s’agit de moteurs linéaires à grande dynamique, ceux-là même qui sont utilisés dans l’industrie. Ils peuvent placer le joueur très rapidement sur le terrain, puis enclencher une rotation pour shooter. D’une précision supérieure au millimètre, ces moteurs sont capables d’entraîner une accélération de 9G : la rapidité d’action du robot est donc supérieur à celle d’un humain.

Le robot dispose également d’un regard perçant. Les déplacements de la balle sont scrutés par une caméra ultra-rapide placée sous le plateau de jeu, transparent. Elle récolte 300 images par secondes, qui sont ensuite traitées par voie informatique. Léo Sibut, étudiant master, s’est penché durant 6 mois sur l’acquisition de données et le contrôle des actionneurs. «J’ai beaucoup appris dans le domaine du traitement de l’image, où je n’avais que très peu de connaissances», témoigne-t-il. Son travail a permis d’améliorer la précision et la fiabilité du robot.

Un robot-sportif... avec un tout petit cerveau!
A présent, le système détecte la balle, la stoppe, puis tire en direction du goal. «Cette stratégie est très basique, mais elle fonctionne étonnamment bien», commente Christophe Salzmann, collaborateur scientifique en charge du projet.

La stratégie reste cependant trop simple, selon le scientifique. «Pour l’instant, le système peut être comparé à un bodybuilder avec un tout petit cerveau, plaisante-t-il. Nous voulons que le robot, en plus d’être puissant, puisse faire des feintes, éviter l’adversaire, et prédire la trajectoire de la balle, ainsi que la position du joueur adverse.» En vue de ces améliorations, les étudiants ont déjà placé des lasers permettant de détecter la position des manettes de l’adversaire. De quoi inculquer au système une réelle stratégie.

Une compétition entre logiciels
D’ici là, Christophe Salzmann aimerait organiser rapidement une compétition où deux robots se feraient face de chaque côté du babyfoot. Les participants auraient pour mission de développer des stratégies sous forme de software, afin de s’affronter par machine interposée.

Auteur:Laure-Anne PessinaSource:Mediacom
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