Li Tang parmi les 35 jeunes innovateurs les plus influents de Chine

Li Tang© 2020 EPFL

Li Tang© 2020 EPFL

Spécialisé en immunoingénierie pour le traitement du cancer, Li Tang, professeur assistant tenure track à la Faculté des sciences et techniques de l’ingénieur, figure sur la liste 2019 des 35 innovateurs de moins de 35 ans les plus prometteurs de Chine, publiée par le magazine MIT Technology Review. Cette liste rassemble les jeunes talents susceptibles de révolutionner le quotidien, et de forger le futur des technologies et de l’industrie.

Chaque année depuis 1999, le MIT Technology Review publie une liste des 35 innovateurs de moins de 35 ans dont le travail remarquable est susceptible de changer le futur de la science et des technologies, et de forger les décennies à venir. La liste se concentre sur des personnes capables de faire la différence dans des domaines clés incluant la biotechnologie, les matériaux, les équipements informatiques, l’énergie, les transports, la robotique, la communication et Internet.

Parmi les lauréats des années passées, on compte des personnalités telles que Mark Zuckerberg en 2007, (créateur de Facebook), Larry Page et Sergey Brin en 2002 (co-créateur de Google) ou encore Feng Zhang en 2013, qui est derrière la technologie d’édition des gènes CRISPR.

En 2017, le magazine a lancé des listes par régions, et une liste spécifique pour la Chine, en collaboration avec TR China. Directeur du Laboratoire de biomatériaux pour Immunoengineering (LBI) à l'institut de Bioingénierie de la Faculté des sciences et techniques de l’ingénieur, Li Tang apparaît dans la liste des 35 innovateurs de moins de 35 ans les plus prometteurs de Chine en 2019.

Cette liste comprend de jeunes esprits qui non seulement mènent des recherches novatrices, mais aussi traduisent activement leurs nouvelles technologies en applications susceptibles de changer la vie.

Traiter le cancer sans toxicité avec des"sacs à dos" de nanoparticules

Li Tang a développé plusieurs technologies d’immunothérapie pour le traitement du cancer. Deux startups ont été créées pour transférer ces technologies du laboratoire aux cliniques.

L’une des approches du scientifique permet d’améliorer la sécurité et l'efficacité de la thérapie cellulaire par transfert adoptif (ACT), et d’élargir son application aux tumeurs solides.

Jusqu’à présent, cette thérapie s’est montrée efficace pour traiter les tumeurs liquides en clinique, mais peu concluante pour les tumeurs solides, car une toxicité inacceptable est souvent observée chez les patients traités.

Pour résoudre ce problème, Li Tang a équipé les lymphocytes T d’un « sac à dos de nanoparticules » chargé de médicaments. La nanoparticule "intelligente" peut détecter le changement d'état chimique (appelé activité "redox") à la surface des cellules T lors de la rencontre avec des cellules tumorales, et libérer les médicaments uniquement auprès des cellules tumorales. Avec pour conséquence une haute activation des lymphocytes T et une augmentation de l'activité redox membranaire aux abords de la tumeur, sans causer de toxicité dans le reste du corps.

Cette nouvelle immunothérapie ACT à base de nanotechnologie pourrait potentiellement profiter à un large éventail de patients atteints de cancer et guérir les tumeurs solides réfractaires.

Basée sur cette technologie, une startup nommée Torque Therapeutic a été créée à Boston, et a lancé la Phase I des tests cliniques en 2019.

Des vaccins personnalisés contre le cancer

En parallèle, Li Tang travaille à la mise au point de vaccins efficaces contre le cancer.

A ce jour, l’efficacité clinique des vaccins thérapeutiques contre le cancer demeure modeste. L'un des principaux obstacles à leur efficacité est l'absence d'une plateforme de distribution efficace et sûre. Li Tang a appliqué une technique de polymérisation, la polycondensation, pour développer une plateforme vaccinale innovante appelée vaccin Polycondensate Neoepitope (PNE).

En polymérisant de façon réversible les antigènes spécifiques de la tumeur (aussi appelés " néoantigènes ", des antigènes issus de mutations uniques dans les cellules tumorales qui ne sont pas présentes dans les cellules normales), il est possible de préparer un vaccin contre le cancer aux propriétés physiochimiques hautement contrôlées. Comme ces mutations varient d'une personne à l'autre, l'ENP est conçu comme un vaccin personnalisé pour une immunothérapie de précision.

Le vaccin PNE améliore considérablement la capture de l'antigène par les cellules immunitaires et libère de manière réactive les antigènes à l'intérieur des cellules immunitaires, induisant une puissante réponse immunitaire capable de tuer les cellules tumorales sans causer de toxicité. Le vaccin PNE pourrait potentiellement activer le système immunitaire des patients cancéreux d'une manière personnalisée et plus sûre, et ainsi améliorer la réponse clinique.

La recherche a été breveté et une startup du nom de PepGene a été fondée.