«Les étudiants ne doivent pas avoir peur d'être innovants»

© 2020 EPFL

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Mahsa Shoaran a rejoint la faculté des sciences et techniques de l’ingénieur en tant que professeure assistante tenure track. 

Elle a fait des troubles du cerveau son cheval de bataille. Dès son doctorat, qu’elle effectue à l’EPFL, Mahsa Shoaran s’intéresse aux dispositifs d’implantation dans le cerveau pour les patients souffrant de maladie neurologique. Elle poursuit ses recherches aux États-Unis où elle travaille dans le département d’ingénierie électrique et médicale de l’institut de technologie de Californie. Là encore, elle s’intéresse aux dispositifs d’implantation pour les troubles mentaux et conçoit des microsystèmes d'interface neuronale. Après un passage de deux ans à l’université de Cornell en tant que professeure assistante, la nouvelle professeure a posé ses valises en Suisse et est de retour à l’EPFL depuis le début de l’année, à l'Institut d'ingénierie électrique et au Centre de neuroprothèses.

Une approche basée sur l’interdisciplinarité

À la tête du laboratoire de neurotechnologies intégrées, à Genève, l’ingénieure électrique et conceptrice de circuits intégrés vise à développer des micropuces intelligentes pour les troubles neurologiques et neuropsychiatriques. « Avec mon équipe, nous allons créer de nouveaux appareils et algorithmes pour diagnostiquer et soigner les troubles du cerveau. En particulier les maladies qui ne possèdent pas de traitement telles que l’épilepsie, le parkinson, les lésions de la moelle épinière, les AVC et certaines affections neuropsychiatriques », explique Mahsa Shoaran. Dans son laboratoire, elle désire mettre l’accent sur l’interdisciplinarité. « Selon moi, il s’agit du moyen le plus rapide pour repousser les frontières. Dans nos recherches, nous faisons appel aux apprentissages-machine, neurosciences, circuits intégrés, algorithmes, microfabrication, sciences médicales, neurochirurgie, etc. Il faut donc de la créativité, travailler dans plusieurs domaines et posséder des connaissances interdisciplinaires avancées. »

Étudier les notions fondamentales

À la rentrée, Mahsa Shoaran va donner un cours sur la conception de circuits intégrés. Les étudiants en Bachelor pourront assimiler les notions de base des transistors, travailler sur des blocs de circuits intégrés et apprendre à construire des circuits complexes. « Je pense qu’un enseignant doit transmettre des principes fondamentaux aux étudiants afin qu’ils puissent mener avec succès leur carrière. J’aimerais également susciter leur curiosité pour qu’ils élargissent leurs horizons vers de nouveaux sujets et domaines de recherche. Par exemple, ils doivent savoir que ce qu’ils étudient pourra potentiellement de mener à des technologies qui pourraient un jour changer la vie d’un patient. Aujourd’hui, il n’existe aucun traitement pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Mais en créant des circuits intégrés avancés, nous pourrons trouver des solutions. Les étudiants ne doivent pas avoir peur d’être innovants. » 


Auteur: Valérie Geneux
Source: People