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« Il n'y a pas d'alternative performante au béton »

Karen Scrivener, directrice du Laboratoire des matériaux de construction© 2018 EPFL

Karen Scrivener, directrice du Laboratoire des matériaux de construction© 2018 EPFL

Vendredi 17 août 2018 a marqué le 100e anniversaire du Laboratoire des matériaux de construction de l’EPFL. Spécialisé dans le béton, ce laboratoire, l’un des plus vieux de l’École, revient sur l’évolution de ce matériau, dont la production mondiale avoisine aujourd’hui les 4200 millions de tonnes par an.

Que serait notre quotidien si le béton n’avait jamais existé ? Probablement très différent de celui que nous connaissons. Depuis son invention au 19e siècle, le béton moderne – ou ciment portland – s’est imposé pour la construction rapide de routes, de ponts, de barrages et de très nombreuses infrastructures. On en produit actuellement près de 4200 millions de tonnes par an.

Fondé en 1918 par Henri Demierre et le professeur Marius Lacombe, le Laboratoire des matériaux de construction de l’EPFL de la Faculté des Sciences et Techniques de l'Ingénieur – autrefois nommé Laboratoire d'essai des matériaux (voir historique)- a participé à l’évolution des technologies du béton durant 100 ans. Pour fêter son centenaire, il a proposé des visites guidées, des ateliers pour enfants, des vidéos et une rétrospective historique. Karen Scrivener, l’actuelle directrice du laboratoire, raconte :

Qu’est-ce qui a changé dans l’étude du béton depuis 1918 ?

Au départ, il s’agissait de définir les propriétés de ce matériau encore jeune, et de répondre à des questions telles que : quelle quantité de matériau faut-il utiliser pour la construction d’un bâtiment ? Quelles sont ses propriétés mécaniques ? Ensuite, chaque professeur à la tête du laboratoire a choisi son thème de prédilection, certains acquérant très tôt une renommée internationale.

En quoi ce matériau a-t-il changé nos vies ?

Autrefois, les constructions en pierre étaient très onéreuses, chronophages et les designs étaient limités. Le béton se présente comme une poudre, il est donc facile à transporter, puis simple et rapide à utiliser, et il permet une grande liberté dans la construction. A l’EPFL, le Rolex Learning Center est un bon exemple de ce que l’on peut réaliser en terme d’architecture grâce au béton.

Quel thème est actuellement au centre du laboratoire?

Aujourd’hui, les préoccupations environnementales sont au cœur de notre recherche. Bien que la fabrication du béton soit relativement écologique, ce matériau est responsable de près de 10% des émissions de CO2 en lien avec l’activité humaine, en raison de la demande gigantesque, qui va encore s’accroître.

Nous étudions tous les phénomènes fondamentaux en lien avec le béton et nous fabriquons du ciment écologique, pour contenir les émissions de CO2. Il faut trouver des solutions au réchauffement de la planète maintenant, et non dans 20 ans.

N’y a-t-il pas d’alternative au béton ?

Il n’y en a pas qui offre les mêmes possibilités. Le béton est le plus efficace et c’est devenu un matériau de base incontournable. Avec des institutions telles que l’EMPA, l’EPFZ et l’EPFL, la Suisse figure parmi les leaders de la recherche sur ce matériau, et elle peut jouer un rôle international.

Au sein du Laboratoire des matériaux de construction, nous collaborons avec des partenaires en Asie et en Amérique latine, là où la demande explose. Il reste encore beaucoup de recherches à mener pour faire du béton un matériau encore plus écologique, et encore plus performant qu’il ne l’est déjà.

Historique:

- 1918 création du Laboratoire d'essai des matériaux
- 1927 Le Laboratoire d'essai des matériaux est scindé en deux divisions, métaux et matériaux pierreux.
- 1954 Deux labos distincts sont créés : le Laboratoire des matériaux pierreux (LMP) et le Laboratoire des métaux et machines (LMM)
- 1980 Le professeur F. H. Wittmann rebaptise le Laboratoire des matériaux pierreux (LMP) en Laboratoire des matériaux de construction (LMC), nom qui demeure encore aujourd’hui.


Auteur: Laure-Anne Pessina

Images à télécharger

Microstructure d’un échantillon de LC3 (ciment écolohique) à 28 jours d’hydratation© 2018 EPFL
Microstructure d’un échantillon de LC3 (ciment écolohique) à 28 jours d’hydratation© 2018 EPFL

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