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03.05.17 - Une publication, une table ronde et des travaux d’étudiants de l’EPFL interrogent l’avenir de hameaux des Alpes dont le patrimoine bâti, en particulier les raccards, est souvent laissé à l’abandon.

La Médiathèque du Valais accueille le 4 mai à Sion une rencontre ouverte au public inédite entre des enseignants de l’EPFL et de l’Ecole polytechnique de Turin et des responsables et architectes du canton du Valais. L’enjeu du débat: trouver des solutions pour revitaliser les hameaux de montagnes.

Au cœur de ces zones parfois désertées se distinguent les incontournables raccards, ces anciennes granges emblématiques des Alpes faites de bois et de pierre. Un patrimoine précieux qu’il convient de préserver, selon Nicola Braghieri, professeur associé à la section d’architecture de l’EPFL et co-organisateur de l’événement: «Il est important de s’occuper de manière scientifique de cette architecture rurale. Ces bâtiments ne sont pas tous répertoriés or, sans rénovation ou valorisation, ils seront détruits.» Pour l’architecte et enseignant, la disparition de tels bâtiments, dont certains remontent au XVIème siècle, serait une grande perte pour le patrimoine culturel mondial.

Expert et amoureux de l’architecture alpine, l’enseignant et directeur du Laboratoire des arts pour la sciences (LAPIS) a trouvé une manière temporaire de préserver la trace de ces raccards. L’année dernière, il a emmené ses étudiants de bachelor en montagne pour leur faire dessiner les granges du hameau d’Isérables, en Valais. De retour à Lausanne, les étudiants ont ensuite construit des maquettes à partir de leurs dessins (voir images à télécharger). Entre temps, trois collaborateurs scientifiques de son laboratoire ont récolté et mis en ordre leurs travaux.

Pour Nicola Braghieri, l’intérêt de la démarche est total, que cela soit du côté de l’EPFL ou du canton du Valais: «Nos étudiants apprennent à dessiner et à comprendre comment sont construits ces raccards, des bâtisses «kilomètre zéro» faites des pierres et du bois de la région. Et pour le Valais, il y a un intérêt normatif, patrimonial et économique à faire cataloguer ces bâtiments.»

Expédition à Isérables

L’expérience se renouvelle cette année dans le hameau agricole de Thur, une partie du village d’Isérables, du 1er au 5 mai dans le cadre d’une semaine de cours interdisciplinaires de l’EPFL (Semaine ENAC). Il reviendra cette fois-ci aux étudiants de trouver des manières originales de revaloriser ce patrimoine alpin, en vue du débat du 4 mai. Lors de la table ronde, Nicola Braghieri dévoilera une publication rassemblant les travaux d’étudiants de l’année dernière sur le hameau d’Isérables. Pour lui, la question de l’avenir du patrimoine alpin est loin d’être résolue: «Notre première exposition de travaux d’étudiants en Valais l’année dernière avait suscité beaucoup d’intérêt du côté des propriétaires de raccards. Beaucoup d’entre eux ne savent en effet souvent pas que faire de ces biens hérités sur plusieurs générations», observe Nicola Braghieri. Au sein de son laboratoire, une thèse sur le patrimoine alpin est actuellement menée par le chercheur Patrick Giromini afin d’analyser plus en détails ces enjeux.

«Mutation du bâti rural», Médiathèque du Valais, Sion, jeudi 4 mai 2017, 18:15 – 20:00

Auteur:Sandrine PerroudSource:Mediacom
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