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Des bijoux qui sculptent la lumière

La marque THE RAYY propose des bagues qui réfléchissent des messages lumineux. © THE RAYY

La marque THE RAYY propose des bagues qui réfléchissent des messages lumineux. © THE RAYY

La start-up Rayform lance une collection de bagues très particulière issue d'une technologie développée à l'EPFL. La surface de chaque bijou est structurée de manière à refléter les rayons lumineux pour former un message.


Invisible au premier coup d’oeil, la singularité des bijoux en or et diamants de la marque THE RAYY se révèle une fois qu’ils sont exposés à la lumière. «La surface de chaque bague semble lisse, mais elle est en fait structurée avec grande précision de façon à refléter les rayons lumineux pour former un message de lumière. L’éclairage peut être artificiel, mais c’est le soleil qui révèle le mieux l’image cachée», indique Romain Testuz, directeur général de la start-up Rayform qui commercialise THE RAYY.

Cette capacité unique de «sculpter» la lumière est issue d’une technologie développée au Laboratoire d'informatique graphique et géométrique de l’EPFL de Mark Pauly. Le professeur s’était intéressé aux phénomènes optiques des caustiques, ces motifs lumineux créés par exemple au fond d’une piscine ensoleillée ou à travers un verre. Ancien étudiant de master de ce laboratoire, Romain Testuz explique : «Nous nous demandions s’il était possible de contrôler cet effet, de dompter la lumière pour ne pas simplement avoir des effets aléatoires, mais des images extrêmement précises, que ce soit une photo, du texte ou un symbole».

Les motifs lumineux qui se dessinent au fond d’une piscine au soleil ont inspiré les chercheurs. Crédit : iStock

Concentrer la lumière

Les chercheurs sont effectivement parvenus à développer une série d’algorithmes permettant d’apprivoiser ces motifs. «Nous avons créé un logiciel qui calcule avec grande précision le relief 3D que doit prendre la surface pour que les rayons lumineux soient redirigés à un endroit précis et forment l’image souhaitée», déclare Yuliy Schwartzburg, ancien doctorant du laboratoire. Ainsi, les infimes courbures de la surface permettent de concentrer la lumière sur les régions éclairées de l’image et de la détourner des régions sombres. A partir de ces calculs, la surface de l’objet est ensuite structurée à l’aide d’outils d’une extrême précision. De ce savoir-faire est née la start-up Rayform, fondée en 2016. A son bord, trois chercheurs du laboratoire : Romain Testuz, Yuliy Schwartzburg et Mark Pauly.

Rayform a alors initié des collaborations avec de grandes marques, actives dans différents domaines comme l’horlogerie, la bijouterie, la parfumerie ou les spiritueux. «Nous avons également travaillé avec des artistes, notamment pour l’installation sol.id exposée sous les voûtes du Rolex Learning Center, avec le peintre Pierre Soulages ou encore pour des projets d’étudiants de l’ECAL», précise Romain Testuz. Outre l’aspect esthétique, la technologie proposée par Rayform a également des débouchés dans la lutte contre les contrefaçons, pour des montres ou des documents de sécurité par exemple. Si l’objet a été marqué, il est facile de contrôler s’il s’agit d’un original ou d’une copie à l’aide d’une simple lampe de poche. «Pour l’heure, il n’existe pas d’objets de ce genre dans le commerce, mais des projets sont en cours», continue-t-il.

Pour la marque THE RAYY, les scientifiques ont développé une version améliorée de leur technologie. «Pour les bijoux, la surface est très réduite. Mais nous arrivons tout de même à l’utiliser pour en faire ressortir une image très claire, avec une bonne résolution», indique Yuliy Schwartzburg, directeur technique de Rayform.

Les bijoux ont été créés par la designer Noémie Arrigo. L’or est certifié responsable et les diamants sont de culture, produits avec de l’énergie solaire. Plus de détails sur therayy.com