Combiner les énergies renouvelables pour une Suisse plus durable

Centrale combinée hydroélectrique et éolienne au col du Nufenen, en Suisse. © IStock

Centrale combinée hydroélectrique et éolienne au col du Nufenen, en Suisse. © IStock

Le consortium interdisciplinaire d’ampleur nationale EDGE, visant à favoriser la production décentralisée d'énergie renouvelable dans les villes, le Plateau et les Alpes suisses, a démarré ses activités. Proposé et codirigé par deux professeurs de l’EPFL et de l’Université de Genève, il a obtenu un financement pour six ans de l’Office fédéral de l’énergie.

Dans le cadre de l’ambitieuse Stratégie énergétique 2050, les autorités suisses comptent renforcer l’efficacité énergétique et accroitre l’utilisation des énergies renouvelables. Sa mise en œuvre réussie est une contribution obligatoire pour que le pays atteigne son objectif de neutralité carbone d'ici la moitié du siècle. 

Cette neutralité exige en principe un approvisionnement en énergie quasi ou entièrement renouvelable en Suisse, dans l'hypothèse de la sortie programmée du nucléaire. Au cours des dix dernières années, les investissements importants du pays dans la recherche, l'innovation et la politique énergétiques, ainsi que la réduction rapide des coûts technologiques, ont accéléré la croissance des nouvelles sources d’énergie renouvelable comme le solaire, la biomasse et l’éolien, ajoutées à l'hydroélectricité déjà bien établie.

Les progrès réalisés jusqu'à présent varient selon la technologie : la biomasse et surtout le solaire photovoltaïque ont progressé plus rapidement, tandis que les centrales éoliennes ou les systèmes géothermiques profonds ont stagné, principalement en raison du manque d'acceptation par le public. « Il est très important de favoriser l'énergie éolienne si l'on veut être renouvelable et local. C'est une source vraiment fiable, surtout en Suisse, car on peut toujours trouver un endroit où le vent souffle, quelles que soient les conditions météorologiques, de sorte que l'approvisionnement ne s'arrête jamais. Associée à l'énergie photovoltaïque, elle constitue un substitut très stable et fiable à l'énergie nucléaire ou fossile, surtout si les panneaux solaires sont placés en altitude », commente le professeur Michael Lehning, directeur du Laboratoire de sciences cryosphériques (CRYOS) de l’EPFL et chef de groupe de recherche à l'Institut WSL pour l'étude de la neige et des avalanches SLF.

Combiner recherche et innovation

Pour contribuer à cette ambitieuse Stratégie, l’EPFL et l’Université de Genève ont mis en place un consortium codirigé par Michael Lehning et la professeure Evelina Trutnevyte (Unige), qui travaillera à l'accélération et à l'intégration de parts très élevées de production renouvelable d'origine locale dans le système suisse. Le consortium EDGE (Enabling Decentralized renewable GEneration in the Swiss cities, midlands, and the Alps), qui a obtenu un financement pour six ans de l’Office fédéral de l’énergie,procèdera à une analyse régionalisée adaptée aux villes suisses, au Plateau et aux Alpes. Il prévoit de combiner la recherche et l'innovation à partir de trois groupes de projets pilotes et de démonstration sur le terrain en milieu urbain (cantons de Berne, Lucerne et Argovie), dans les régions centrales (Waldkirch, Saint-Gall) et dans les Alpes (Davos et Bagnes-Verbier, Grisons et Valais).

« Dans les villes, l'énergie solaire et l'énergie géothermique peuvent être utilisées pour le chauffage, alors que sur le Plateau, la situation est complètement différente avec la biomasse agricole qui peut être combinée avec l'électricité photovoltaïque. Les Alpes sont également différentes avec leurs habitats dispersés. C'est pourquoi nous voulons examiner diverses combinaisons de technologies, mais adaptées à ces trois contextes. Bien sûr, nous voulons aussi voir comment ils peuvent s’interconnecter », affirme la professeure Evelina Trutnevyte.

Avec un financement global de 22,3 millions de francs suisses pour la période 2021-2027, le consortium comprend une expertise interdisciplinaire et transdisciplinaire de 16 partenaires de recherche (technologie de l'énergie, modélisation des systèmes, sciences politiques, gestion, économie et science de la durabilité), afin d'identifier les mesures les plus efficaces pour libérer tout le potentiel des énergies renouvelables locales.

Funding

Budget total : 21,2 millions de francs suisses, dont 8 millions de francs suisses financés par le nouveau programme d’encouragement de la recherche énergétique SWEET (Swiss Energy Research for the Energy Transition) de l'Office fédéral de l'énergie : 

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