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Branchées informatique !

© 2014 EPFL

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Fin août a eu lieu la première session de l’Atelier d’été « Toi aussi, crée ton appli ! ». Destiné aux filles de 13 à 15 ans, son but était de programmer un "chat" pour téléphone portable. Les participantes ont également pu rencontrer une ingénieure de chez Google, s’essayer à l’impression 3D ou encore faire des expériences dans des réalités virtuelles.

Constatant le peu de jeunes femmes inclines à étudier l’informatique ou les systèmes de communication, la Faculté Informatique et Communications (Barbara Jobstmann secondée d’Elise Klay, Joanna Salathé et Eliéva Pignat) et le Bureau de l’égalité des chances de l’EPFL (Farnaz Moser et Nicole Berseth) ont mis pour la première fois sur pied cette année un Atelier d’été destiné aux filles.
Sachant qu’une application aussi populaire que WhatsApp permet d’envoyer chaque jour 64 milliards de messages, l’Atelier avait pour objectif de construire un "chat" pour mieux comprendre les enjeux techniques, de design mais également de sécurité de l’information.

« J'ai adoré faire le design de l'application, par contre tout ce qui était blocks [ndlr programmation graphique] était compliqué à comprendre (…). Mais j'ai quand même compris toute la logique à la fin de la semaine. », raconte une participante. En effet, il n’est pas évident de se confronter pour la première fois à la construction d’une application, surtout qu’il y a beaucoup d’aspects à comprendre comme les données, le réseau, le protocole de communication et enfin la sécurité. À la fin de la semaine cependant, toutes les participantes ont réussi le défi et pouvaient utiliser leur appli et la montrer à leurs copines et famille. « C'était génial, très bien expliqué, tout le monde était gentil et on a appris à créer une appli et à pouvoir se débrouiller seule pour quand on sera chez nous et qu'on voudra développer une autre appli. », témoigne l’une des filles. Une autre renchérit : « Je trouve que les activités sont formidables, qu’il y a une bonne entente entre les "animatrices" et les participantes et qu’après avoir créé une appli, on se sent tellement fière que l'on a envie de recommencer la semaine. »

Immersions dans la réalité virtuelle
Parmi les activités les plus prisées de la semaine, la visite du groupe d’interactions immersives dans la réalité virtuelle.
Imaginez-vous dans un laboratoire de l’EPFL avec plein d’ordinateurs et de gadgets scientifiques dont l’usage n’est pas toujours compréhensible au premier coup d’œil. Des chercheurs vous accueillent et vous expliquent que vous devez chausser des lunettes 3D et vous mettre au milieu de plein d’écrans. Vous voici plongée dans un univers où vous devez soit éviter des obstacles, soit les repousser en les touchant. L’une de vos copines se tient derrière vous et vous donne des indications sur quel bras ou quelle jambe utiliser pour toucher le projectile virtuel qui vous arrive dessus et gagner le plus de points.


« Ça fait un peu peur, mais c’est marrant ! » s’exclame une participante qui vient de tenter sa chance.

Le groupe d’interactions immersives dans la réalité virtuelle a notamment pour objectif de développer des technologies visant à interagir avec la réalité virtuelle, ceci en temps réel, comme avec des avatars par exemple. Les participantes ont pu expérimenter "The Cave", une installation qui teste les réactions des utilisateurs à un environnement virtuel, une recherche interdisciplinaire qui en appelle non seulement à l’informatique, mais également à la psychophysique.

La "Googliness" et le toboggan de bureau
« J’ai eu un coup de foudre pour l’informatique après 8 ans d’études en sciences politiques et j’ai tout appris sur le tas… Tout ! J’ai commencé par créer des sites web et maintenant je fais mon job de rêve. Quand je travaille, je n’ai pas l’impression de travailler : je m’amuse. »
Zineb Ait Bahajji, ingénieure chez Google, est d’un enthousiasme débordant et… très communicatif !
« Comment être engagée chez Google ? », demande une participante.
« Outre des compétences en informatique, il faut avoir de la Googliness… » répond Zineb. Mais oui, de la Googliness soit l’attitude Google ! En d’autres termes, il faut avoir une bonne dose de sérieux, mais aussi de l’humour, de la gentillesse, de la curiosité, de l’ouverture d’esprit et le plus important : une envie dévorante d’apprendre.
« Et est-il vrai que vous avez un toboggan dans vos bureaux ? », s’enquiert une participante. « Oui, il va du premier étage au restaurant et nous avons même des barres de pompiers pour passer d'un étage à l'autre », répond Zineb.

« Alors, êtes-vous plus branchées informatique après cet Atelier ?, demande Zineb aux filles. Pour ma part, je trouve que c’est un milieu où vous ne vous ennuyez jamais. Vous pouvez changer, apprendre… ça bouge tellement. C’est un secteur d’avenir où il y a beaucoup de postes. Travailler dans l’informatique, ça peut être pour la bonne cause, comme assurer la sécurité des gens quand ils surfent… et on a besoin des informaticiens pour améliorer le bien-être des gens. »

Un premier Atelier très apprécié
« J'ai appris beaucoup de choses concernant l'informatique et je me suis fait beaucoup d'amies :D ». Cette conclusion revient mainte fois dans le questionnaire d’évaluation anonyme dont les résultats sont réjouissants. Eliéva Pignat, enseignante, raconte même qu’il fallait « presque forcer les filles à prendre une pause tellement elles étaient absorbées. »

C’est donc mission accomplie, car plusieurs participantes envisagent d’étudier plus tard l’informatique ou les systèmes de communication : « Je trouve cet Atelier aussi instructif et enrichissant que fun et cela m'a vraiment donné envie de faire de l'informatique plus tard. »


Les conceptrices et enseignantes Eliéva Pignat, Elise Klay et Joanna Salathé avec Zineb Ait Bahajji, ingénieure Google
« Des activités intéressantes et sympas à faire. La plupart que je n'avais jamais faites auparavant. Elise, Eliéva et Joanna expliquaient bien et elles étaient gentilles. Merci »

Cette édition 2014 a remporté un vif succès et un Atelier 2015 verra sans doute le jour l’été prochain. Pour conclure, l’une des participantes reconnait l’utilité de l’informatique et nous confie avec humour : « Si je deviens espionne, je pense que j'en aurai besoin... ».


Auteur: Alexandra Walther