Un robot magnétise l'industrie

Des chercheurs de l’EPFL ont mis au point un robot miniature destiné à s’insinuer dans les chambres des centrales électriques. Le système a été primé au Japon.
Cy-Mag 3D est un robot de conception simple mais ingénieuse. Le 1er septembre, il a remporté l’Industrial Innovation Award lors de la Conférence Climbing and Walking Robots (CLAWAR) à l’Institut technologique de Nagoya, au Japon.
Conçu à l’EPFL par Frédéric Rochat, ce robot miniature a pour mission d’inspecter les centrales électriques – évitant ainsi les coûteuses mises hors-service qu’entraîne une intervention humaine. Il peut se faufiler dans les espaces les plus étroits et jusque dans les angles les plus inaccessibles. Les chercheurs sont parvenus à en minimiser les dimensions en adoptant un système d’équilibrage voisin de celui d’un Segway.
De la taille d’une boîte d’allumettes
«La solution était si simple qu’elle a fait l’objet d’un brevet», explique Francesco Mondada, directeur du groupe MOBOTS, où la recherche a été conduite.
Les centrales électriques sont des environnements ferromagnétiques, constitués de tubes et de conduits métalliques. De nombreux robots utilisés dans ce contexte reposent donc sur un support magnétique. Confrontés à des tâches toujours plus complexes, ils tendent à prendre toujours plus d’embonpoint. Le robot de Frédéric Rochat va à l’encontre de cette tendance. Ses roues magnétiques ont suffisamment de force pour lui permettre de coller aux surfaces, et servent en même temps de système d’équilibrage en maintenant le moteur en place. Ce concept permet de réduire drastiquement les dimensions de la machine à celles d’une boîte d’allumettes. Il facilite également la mobilité.
Technology transfer to industry
«Une telle solution ne semblait pas possible a priori», explique Frédéric Rochat. «Ce robot ouvre de nouvelles possibilités. Il pourrait contribuer à économiser des millions de francs en évitant de désactiver les centrales.»
Le laboratoire de systèmes robotiques travaille d’ores et déjà à une amélioration du système. Par exemple, les chercheurs comptent développer une version étanche du robot, qui pourrait permettre d’inspecter les circuits de refroidissement sans avoir besoin de les purger. Le projet a été financé pour moitié par Alstom, et coordonné par l’Agence suisse pour la promotion de l’innovation (CTI).