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Sensefly (drones) et Pix4D (images 3D), deux des sociétés qui ont obtenu un financement © Alain Herzog

01.02.13 - En 2012, 10 spin-off de l’EPFL se sont partagées près de 100 millions de francs d’investisseurs privés. Un record, même si on fait abstraction de Biocartis, qui a généré à elle seule presque la moitié de ces levées de fonds. Les investissements dans les autres sociétés ont doublé par rapport à 2011.

Les spin-off de l’EPFL ont fait fort en matière de rentrées d’argent l’année dernière: 98 millions de francs. Ce sont 10 sociétés fondées à partir d’une technologie de l’Ecole qui se partagent cette manne financière.

Le montant des fonds ont doublés par rapport à 2011

Si l’on excepte Biocartis qui a tout de même récolté presque la moitié des fonds à elle seule, 2012 reste une année record. Neuf autres spin-offs de l’EPFL se sont partagé 56 millions, soit près du double de 2011 et 2010 où les sociétés basées sur une technologie de l’Ecole avaient obtenuun montant global de 22 millions.

Six de ces start-up sont spécialisées en medtech, une en robotique, et trois en informatique. Alors que le domaine médical a toujours levé passablement de fonds, en raison notamment des infrastructures à mettre en place, le nombre d’entreprises IT qui génère des investissements a augmenté. «Il y a certainement une corrélation entre les fonds de démarrage injectés par le MICS spin fund ces dernières années et les start-up qui percent», souligne Hervé Lebret, responsable des Innogrants de l’Ecole (fonds d’aide au démarrage pour les entrepreneurs).

Pour certaines entreprises, il s’agissait du premier tour de financement - Abionic, Sensefly, Pix4D, Bicycle Therapeutics et KB medical. D’autres, comme Sensimed, Typesafe, Nexthink et Aleva, avaient déjà levé des fonds auparavant.

Il reste difficile de comparer notre performance au niveau européen.Il n’existe pas de source qui synthétise les données sur les spin-off académiques. Mais selon Hervé Lebret l’EPFL se trouve au niveau des meilleurs en termes de tech-transfert , aux côtés de Cambridge et Oxford en Angleterre, ou de l’Université de Louvain en Belgique.

Au rythme des fonds

D’où proviennent ces fonds qui ne semblent pas connaître la crise? Des Etats-Unis, d’Europe et de Suisse à part égale, soit un tiers chacun. La grande majorité (80%) provient de capital risque, issus donc de sociétés qui visent un retour sur investissement élevé. Alors que 20% proviennent de la fortune personnelle des Business Angels. La stabilité apparente de la Suisse dans le contexte économique actuel et la renommée croissante de l’Ecole ne sont certainement pas étrangères à ces rentrées d’argent. «De plus le cycle du Venture capitalisme et des apports de fonds privés a un rythme qui ne correspond pas à celui du contexte économique global », souligne-t-il.

Si les retombées financières ne sont pas directes pour l’Ecole et que les ventes de sociétés sont rares, ces entreprises qui grimpent représentent un réel bénéfice pour la région, créent des emplois, et stimulent une certaine émulation parmi les futurs entrepreneurs ainsi que de l’intérêt pour d’autres investisseurs. Pour autant l’année 2013 sera-t-elle aussi généreuse ? Pas sûr. Selon Hervé Lebret, pour qui ces 98 millions constituent une année record par définition assez exceptionnelle.

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