Projet de recherche sur les maladies négligées

© 2011 EPFL

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Soutenue par le Swiss Network for International Studies et réalisée en partenariat avec le South Center, ce projet mené par Prof. Dominique Foray et son équipe, encourage des recherches sur des thématiques d’économie et politique internationales

L’expression des “maladies négligées” traite du problème du manque d’innovation en médecine, en particulier pour traiter des maladies touchant principalement les pays en voie de développement. Les maladies infectieuses tuent plus de 10 millions de personnes chaque année, dont 90% dans les pays en voie de développement. Plus de 1000 millions de personnes sont touchées par les maladies tropicales négligées (OMS, Statistiques sanitaires 2010).

Malgré les encouragements de certains gouvernements et d’initiatives d’un certain nombre de fondations et d’entreprises privées, le manque de financement pour l’innovation biomédicale subsiste pour traiter ce fardeau mondial qui touche de manière disproportionnée les pays en voie de développement. De nombreuses mesures (dépenses publiques et privées, patentes, développements de nouveaux médicaments) montrent que la recherche et développement des médicaments traitant des maladies telles que la malaria, tuberculose et des formes spécifiques du VIH sont négligeables en comparaison du fardeau de ces maladies et du montant des ressources allouées aux traitements des maladies prédominantes dans les pays riches. Actuellement, dans les institutions, les développeurs potentiels de vaccins ne sont pas encouragés à saisir les opportunités de recherche de valeur.

Il y a eu cependant une augmentation dans l’investissement global en recherche sanitaire : jusqu’à US$ 160.3 milliards en 2005 (Global Forum for Health Research 2008). Par opposition, US$ 2.5 milliards ont été investis en R&D pour les produits des maladies négligées en 2007, principalement par des donateurs publics et philanthropiques, qui ont investis de manière collective US$ 2.3 milliards, soit 90% du financement total de 2007, pour la recherche en VIH/SIDA, tuberculose et malaria (Moran et al 2009).
Environ 23% du financement des donateurs pour la R&D en maladies négligées est organisée par une forme de partenariat public-privé (PPPs), connu aussi en tant que « Partenariat de développement de produit » (PDP) qui réalloue des fonds à l’industrie et à des partenaires académiques, plutôt que les donateurs subventionnent directement les organisations réceptrices. (Moran et al 2009). Les PPPs sont des organisations à but non lucratif qui supportent et coordonnent la R&D pour les besoins négligés. Il est important de noter que les PPPs étaient une politique d’expérimentation qui n’avait pas clairement l’objectif de présenter un point de vue rationnel de l’économie l’innovation. En fait, le seul économiste qui travaillait à l’époque sérieusement sur l’aspect économique de la R&D des maladies négligées – Michael Kremer – argumentait en faveur d’un modèle fondamentalement différent : le « advanced market commitment mechanism involving ex-post incentives » (Kremer, 2001).
Pour cette raison, il y a un manque de recherche pour appréhender le rôle des initiatives PDP, comment elles sont actuellement gérées et commanditées, leurs limitations ainsi que la compréhension d’autres moyens alternatifs pour stimuler la R&D biomédicale sur une base de priorité des besoins. Maintenant que les PPPs font partie du paysage depuis 10 ans, assez de temps s’est écoulé pour évaluer de manière empirique si l’expérience a fonctionné et pour réfléchir de manière conceptuelle pourquoi cela semble bien marcher.

Le programme de recherche est conçu en 2 différents projets :

Projet 1 : Il sera tout d’abord très utile d’avoir une meilleure compréhension de l’efficience de ce mécanisme avant d’expliquer le fonctionnement du modèle. C’est pourquoi un premier projet inclura la mesure des inputs de ces PPPs (nouveaux médicaments / vaccins, taux de réussite des examens cliniques, générant des candidats prometteurs) et les inputs (financement investis par les donateurs) et de comparer cela avec les entreprises pharmaceutiques à but lucratifs.


Projet 2 : Le deuxième projet traite de l’économie et l’organisation des PDP pour les maladies négligées pour mieux comprendre si le mécanisme de la R&D des maladies négligées est économiquement efficient et comment la politique doit supporter et améliorer la formation et la durabilité des PDP en tant qu’institutions efficientes. Ce projet est structuré par six propositions à tester et à développer. Toutes ces propositions sont actuellement des hypothèses qui pourraient être utilisées pour expliquer le potentiel d’efficacité du mécanisme. Chacune d’entre elles sera testée par des études de cas et des enquêtes afin d’identifier éventuellement ce qui est réellement et particulièrement important en termes de structures organisationnelles et de mécanismes de coordination pour expliquer la performance de ces PDPs et pour ultimement créer un modèle pour une réplication future.